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Jez et Guigui chez les lamas

Notre ONG se barre en couilles. BIENTOT UNE MISE A JOUR PROMIS

et Liorit Dimitri Julien Benjamin

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On va y reflechir...

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10月24日

SAS, désillusion et soirées liménoise (Guillaume)

Après ce week-end festif et embiérisé, je reçois finalement une réponse d'un des chercheurs de l'université de Lima, qui me dit de venir le voir si je veux qu'il m'aide dans l'analyse des résultats de mes 550 pesée / mesure / épluchage / repesée / remesure / évaluation des dégâts d’épis de maïs. Et qu’il me file le programme d’analyse statistique le plus détesté des élève-ingénieurs de l’INAP-G, j’ai nommé…SAS !

Le mec en question m’avait déjà filé une version du logiciel en juillet quand j’étais allé à Lima, mais c’est une version pirate, en plus d’être péruvienne, autant dire que ça ne marche pas…Mais de toute façon j’allais pas aller bien loin car durant cette période de notre enseignement, je devais être en train de faire un truc super important, genre sauver le président des Etats-Unis d’un attentat au coupe-ongle, ou aider Tintin à ranger sa chambre (sûrement la prochaine mission de Jack Bauer), ou encore en train de convaincre Baron que non, il n’y avait pas de colonie de cafards tueurs dans le rouleau géant qui nous servait de table…Enfin bref, j’étais occupé pendant que Anne Catlow recopiait pour nous le dossier SAS de l’année précédente. Cela me rappelle qu’une formation nuageuse d’une absolue rareté se prépare dans le ciel de Mulhouse demain après-midi. Préparez vos lunettes et caméscopes. Pour plus de détails sur les éclipses, les photos d’ovni (ou d’aani, les moins médiatisés mais non moins effrayants Appendices Africains Non Identifiés) et les nuages en forme d’animaux, vous trouverez tout sur http://catloveinthesky.com. Enfin tout ça pour dire que SAS, j’y avais jamais touché, pensant à l'époque que de toute façon, SAServaiàrien (hum…). Et puis j’avais déjà mis une semaine à trouver que j’avais un « Plan en blocs complets randomisés à un facteur qualitatif », oui je sais ça fout la gerbe, j’arrête de parler de ça. Donc hop hop hop, me voila dans le bus de nuit pour lima des lundi soir.

 

En gros j’ai passé la semaine à faire un peu de SAS tous les jours, jusqu’à ce que je fasse un pertinent mais destructeur-de-tout-espoirs « test de corrélation », qui m’a répondu poliment « excuse moi mec, mais tes résultats, ils valent quedal. Il y a des différences de dégâts dans tes épis, mais ils sont juste liés au hasard de l’infestation par ton insecte ravageur, pas du tout aux différents traitements que tu as appliqué…En résumé, les produits n’ont pas agit, comme si t’avais rien appliqué ». Et moi de répliquer sur un ton tout aussi courtois mais où on sentait poindre une once de menace : « Ah. ». Puis : « es-tu bien sûr de toi, Mr le programme… ? Histoire que si je saute par la fenêtre ce soit justifié ». Bref, il était sûr. En fait, après discussion avec mon ami spécialiste, il semblerait que le mode d’application des produits que l’on m’a dit d’utiliser (soit un pulvérisateur manuel genre pchit pchit pour arroser les plantes) soit foireux, et que sur plusieurs points du travail nos amis ingénieurs péruviens aient fait les branquignoles en racontant de la merde. Au final, je peux même pas dire « ya pas de différences entre les traitements » (conclusions qui eût certes été moisie mais honnête) puisque les produits n’ont même pas eu l’occasion d’agir, donc impossible de conclure quoi que ce soit…Et pas le temps de refaire des essais, il reste 1 mois et demi, que je vais devoir exploiter au mieux pour essayer de faire en sorte de pas être venu ici pour rien. J’avoue en avoir pris un certain coup dans la tronche.

 

C’est pourquoi le soir même je me suis empressé de contacter Michelo et Andy, deux des cousins liméniens de nos voisins, avec qui on avait fait la fête du village le week-end dernier, histoire de me changer les idées. Des mecs super cool. Andy, comme l’a dit Jez, c’est le Maurice péruvien, sans les brassards à la place des biceps mais tout aussi jovial et avec un style de danse tout à fait voisin. Son frère Michelo évolue plus dans la catégorie Ludwig : hyper gentil, carcasse pour un péruvien, la force tranquille. Je chope donc Michelo sur msn, et quand il apprend que je suis tout seul à dormir au bureau de l’ONG depuis 3 jours, il me dit de pas bouger, il vient me chercher en caisse et il m’invite chez lui ! Merci, c’est bien gentil. J’arrive, on m’accueille comme quelqu’un de la famille. Un lit est prêt pour moi, la maman me fait réchauffer de l’arroz chauffa (genre riz cantonais) parce que j’ai pas bouffé, et on se met à discuter. Je commence à me dire que leurs phrases contiennent une proportion louche de « petite péruvienne », « mariage », et « s’installer au Pérou »…D’un coup j’ai une vision de Monty Python Sacré Graal, quand Lancelot se fait accueillir par des bonnes soeurs jouvencelles, qui veulent qu’il reste pour l’éternité avec elles à leur fesser les fesses une par une (Non Edwige, je n’ai pas fessé de péruviennes, rassure toi). Enfin bref ça faisait un peu « reeeeeeste avec nouuus…arrgh ». Mais, trêve de plaisanteries, ces gens ont un sens de l’accueil surdéveloppé.

Le matin, tu te lèves, on te dit de mettre les pieds sous la table, et on t’apporte le même riz cantonnais que la veille, accompagné d’une salade d’avocat, oignons crus et citron (histoire de commencer la journée en douceur), dont tu bourres des miches de pains. Et, seul truc qui fait penser à un petit dej classique, un énoooorme verre de jus pressés : banane, fraise, ananas, maracuya, citron selon les jours…j’ai tout goûté. Le paradis. A peine as-tu fini ton sandwich à l’avocat qu’on te prie d’aller plutôt t’installer dans le gros fauteuil, face à la télé, plus confortable que la chaise, tu verras, juste après t’avoir mis la télécommande dans la main. C’est assez comique en fait, comme situation. Ensuite, la petite choupiotte de 5 ans vient te faire un bisou, alors tu lui fais le coup du loup qui fait des guilis, ce qui bien sûr la fait super marrer. Après, tu remercie 5 fois et tu dis que tu dois repasser à l’université parce sous le coup de ta colère d’hier, t’as oublié ton cordon d’ordinateur portable là-bas, de l’autre côté de Lima (comme si t’étais pas déjà assez véner, tu dois te taper 4h aller-retour un samedi après-midi…). Et là c’est « attend mais tu peux pas y aller tout seul !! Tu vas te perdre, Michelo vas t’accompagner », « non mais vous savez jpeux me débrouiller… », « non, non, ça me dérange pas, je préfère être sûr qu’il t’arrive rien…Il y a beaucoup de méchants à Lima ». Et c’est comme ça que pendant 2 jours, j’ai eu un Ludwig pour escorte à travers toute la ville. Au retour, après avoir récupéré mon alimentation à la fac, on décide sur un coup de tête d’aller au ciné. Alors ici, ya en gros 3 types de films. Pour un Jean-claude Van Damme ou un Steven Seagal, tapez 1. Pour un American Pie 8 ou un Scary Movie péruvien 4, tapez 2. Pour un The Ring ou un L’attaque des épouvantails mangeurs d’intestins 3, tapez 3. Finalement on tape 3 et on se retrouve à voir un genre de The Ring/Gothika coréen, bien bien flippant, intitulé « Ils sont parmi nous », où le fantôme d’une fille persécutée puis suicidée revient se venger en poussant ceux qui lui ont fait du mal à se suicider, et en venant mettre son joli minois sur les photos que prend le héro, qui s’avère être son ex petit ami, et qui depuis le début du film a une douleur à la nuque et pèse 120 kilos sur la balance alors qu’il a un physique de coréen…Mais comment se fesse ? Je raconte pas la fin pour ceux qui voudraient le voir mais c’est pas mal !

Le soir, c’est samedi soir. Michelo et Andy sont ok pour aller en boite. Ils proposent à 2 voisines de venir et c’est parti. On se retrouve dans une rue géante avec que des boites, assez impressionnant. On opte pour le « Week-end », immense, pleins de tables, grosse piste de danse…Tu payes pas l’entrée directement mais t’es obligé de prendre au moins une jarre de bière pour 2 en arrivant. Au bout de 2 heures je commence à me faire chier car ils passent vraiment que de la salsa, sympa mais pas toute une nuit. Et au moment où je commence à me dire que c’est vraiment relou, ils envoient de la grosse techno bien lourde, avec lasers et lâchés de ballons…ouuuuh, it’s Gui Tiiiime, on dirait. A partir de là, inarrétable jusqu’à la fin, entre Sean Paul et musique péruvienne, j’étais lancé. On a bien tripé, en tout cas, avec nos ballons-saucisses sur la tête. Ils voulaient pas partir et me laisser rentrer tout seul, donc je négociais une 1/2h de plus, puis encore 1/2h, pire que quand il fallait négocier les horaires de sortie avec ma mère au collège ! Finalement on est parti vers 5h, pour aller manger la bonne tartine salvatrice de fin de soirée, sauf que là tu remplace le nutella (j’en rêve la nuit) par du beurre rance un peu trop vert pour être un beurre honnête, mais bon, c’est la fin de soirée, on est pas trop regardants…Ca vaut certes pas la session pâte ou cassoulet du gastro de Grignon à 4h du mat’, mais ça se laisse apprécier.

 

Levé vers 10h30, un ptit jus maison qui envoie du steack, et c’est parti. Même plan pourri que la veille, sauf que cette fois c’est au bureau de l’ONG que je dois repasser pour récupérer mes dernières affaires. Encore plusieurs heures de bus pour rien, accompagné de mon fidèle Pancho…euh Michelo. Et pareil, on part en trip genre vas-y on a le temps d’aller au ciné avant mon bus pour Huaraz ! Cette fois on trouve une comédie comme on peut en trouver en France, « Le diable s’habille en Prada », avec Meryl Streep et une petite jeune qui si elle continue comme ça risque de faire de l’ombre à Scarlett Johanson dans le classement des actrices dont je suis amoureux. Plutôt marrant et très bien joué.

 

Puis on rentre manger ce qui sera mon dernier repas dans cette maison si accueillante, je leur fais un court mais sincère discours sur leur accueil dont je me souviendrai, ils me disent « attend, toute façon tu repasses par là avant de repartir en France en décembre ! ». Je surveillerai quand même ma valise pour voir si ils y ont pas planqué une de leur cousines à marier…Elle survivrait pas bien longtemps avec Ed. Fiorella, ma super copine de 5 ans, vient me dire au revoir et me lance un « Ciao Tonton ! ». Trop chou.

 

Je prend mon bus de nuit, qui commence à devenir bien familier, et j’ai droit à un film d’anthologie, « Fast and Furious 3, session Tokyo ». Une merveille qui aurait bien pu s’appeler « Mini short pour gros cylindres » (elle est un peu salée, j’avoue ;) ). Arrivée à la maison à 7h du mat, avec l’air pur, les montagnes, et Mr Dimitri Liorit pour dormir avec moi…Les choses simples de la vie, quoi (soupir). Il en faut peu pour être heureux.
10月19日

Messe, bière et porte-clé-décapsuleur: un WE génial à TOMA (Jésus)

Coucou tout l’monde !!!

 

Quoi de neuf depuis notre succès international aux côtés de Sonia Morales, la star péruvienne du Wayno ? Après être devenu des stars à Carhuaz, on est également devenus pas mal connus dans notre petit village, Toma, là où qu’on habite dans notre taudis. A propos de notre vie quotidienne, je tiens à rassurer nos familles : après l’explosion de la douche qui a failli coûter la vie à Emilie, nous sommes restés 2 semaines sans douche, la technique constituant à mendier des douches ici où là, et donc à ne jamais se séparer de sa serviette, un peu comme Baron-le-squatteur-de-Singapour. Mais aujourd’hui, tout à changé, notre fée du logis Christian-Baracuda a changé la pomme : on se prend toujours des châtaignes en tournant le robinet mais on a de l’eau bien chaude…jusqu’à ce que les plombs de toute la maison sautent…

 

Bon revenons à nos moutons, je disais qu’on avait eu notre petit succès à Toma, et ce à l’occasion de la fête patronale du village. La comparaison avec Baron s’arrête là, c’était pas trop jet set, plutôt du genre « soirée moules-frites à Condezaygues » ou « Pot du foot à Louzy ». Ambiance bien populaire donc, très religieuse aussi, mais ici il est bien dur d’y échapper. La très bonne surprise, c’est que notre couple de voisins Victor et Rosario sont les Mayordomos de la fête, c’est à dire qu’ils sont chargés de tout organiser et d’offrir la bouffe à tout le village. On se retrouve en quelque sorte invités d’honneur et intégrés à tous les cousins, neveux et nièces de nos voisins. Inutile de dire qu’après une semaine marquée par un voyage solitaire à l’université de Lima pour y présenter ma super collec’ d’insectes, j’avais bien la motiv’ pour faire la teuf. Et on est servis, dès le vendredi soir ou on fait la connaissance de tout le monde lors du repas, la banda commence à jouer et c’est parti pour la procession main dans la main avec toute la famille jusqu’à l’église. Là, tout le monde rentre dans l’église, et avec Gui, on se regarde, merde, c’était pas prévu. Bon, vu qu’on est toujours les invités d’honneur, autant jouer le jeu et laisser de côté notre anti-cléricalisme primaire. La messe en espagnol nous donnait un bon prétexte pour ne pas chanter, mais je crois bien que Michelo qui était à côté de moi a bien vu que je me signais pas trop trop…On essaie de garder notre sérieux quand les deux enfants de cœur disparaissent sous l’autel pour faire je sais pas quoi au curé, surtout parce qu’Emilie nous surveille du coin de l’œil. Si Parrain voyait ça !!! Après avoir rendu toutes les grâces requises au « Señor de los Auxilios », le saint patron de Toma, on sort de l’église et tout le monde se met tranquillos picoler au son de la fanfare qui joue sans discontinuer tous les tubes de Wayno  du Callejon.

 

Quelques petite précisions concernant le Wayno : chaque morceau dure une bonne 1/2h et quand on commence à danser avec une demoiselle, pas question de l’abandonner, encore moins de la quitter pour une autre. La soirée s’avère assez exigeante donc, d’autant que la danse consiste à tenir les mains de sa voisine et à piétiner sur place, mais ATTENTION, sans jamais se regarder dans les yeux, ce qui fait qu’on donne l’impression de se faire chier comme des perdus. C’est dommage, surtout quand ta cavalière est jolie (notamment une des 5 filles de Victor et Rosario-ce pays c’est mieux que le Pays Basque !!!) et que t’essaies désespérément d’accrocher un sourire.

 

Et à présent quelques petites précision sur la bière, puisqu’au Pérou, boire une bière est une science: que de la Pilsen, « la cerveza más cerveza », et par caisses entières, gratuite pour tout le monde (en tout plus de 300 caisses prévues pour 2 jours de fête). J’explique : quand il y a un groupe d’amis (genre nous avec nos voisins), tout le monde se tient en cercle autour d’une caisse de 12 bouteilles de bière, et pour tout ce petit monde 1 SEUL VERRE. Le verre et la bouteille tournent, chaque homme se servant un petit verre et le vidant aussitôt cul-sec avant de passer le tout à son voisin. Mais attention, on sert les dames ! Coutume assez stressante au début, t’as peur de faire une connerie, mais maintenant on a pris le pli et on boit comme des Péruviens. Et vous l’avez compris les culs secs de bière, c’est assez efficace pour s’en mettre une bonne derrière les oreilles, comme on dit dans mon Poitou Charentes natal.

 

On fait la connaissance de toute la p’tite famille notamment Andy, sorte de Maurice (mais en moins musclé t’inquiète !) préposé à aller chercher les caisses de bière et qui revient à chaque fois en criant avec ses 12 binouzes, comme si il pensait que c’était un exploit, alors que tout le monde sait qu’elles sont gratos. Ya aussi Raul qui nous aborde spontanément en Français, vu qu’il vit depuis 4ans à Paname, dans le 13ème, ainsi que 20 autres Tomeños. Il nous explique qu’il ont créé une assoc’, « Los hijos de Toma », qui récolte des fonds sur Paris pour acheter des ordis pour le collège ou réparer l’église du village…buena onda, donc on propose notre aide pour les aider une fois revenus à Paris.

 

La soirée se passe, Emilie et Gui se lassent un tant soit peu du rythme implacable du Wayno et se rentrent ; je reste avec les autres jusqu’à l’allumage des Castillos de fuego, sorte d’énormes constructions en bambou bardées de feux d’artifice ; au finale une bannière avec le christ se déplie face à la foule et à l’église, mieux qu’aux JMJ !

 

Le lendemain, léger mal au cheveux, mais on repart à la place ou je me retrouve à danser avec une mamita (comprenez grand-mère bien d’la campagne) qui me lâche pas pendant une 1/2h. Emilie et Gui m’abandonnent une nouvelle fois d’une manière on ne peut plus feule (comme des connards quoi). Puis tout le village est invité à prendre le déjeuner chez Victor, mais alors rien, rien à voir avec les brunchs de l’INA Pringles-brie-pouce, c’est un vrai bon repas et pour plusieurs centaines de personnes. On prend congé discretos pour passer l’aprèm’ à Huaraz, petit film au ciné (le voyage du Che en Amérique du Sud, GENIAL). Au passage on s’arrête à une sorte de messe ou un groupe de rock chante des prières, la chanteuse en robe fendue et le public en transe en train de danser. Merde deux jours de suite à la messe, papa, je suis en train de mal tourner moi !!! On rentre à Toma, et là c’est encore plus le feu que la vieille, une vraie scène avec des groupes de Wayno et de salsa et des danseuses en bikini. Dans le public c’est la folie, on peut pas faire un pas sans se faire aborder (le plus souvent par des filles) et se faire payer des coups. Bref, plein de rencontres plutôt sympathiques, Emilie morfle aussi sévèrement avec les cousins de la famille qui la lâchent pas d’une semelle. On finit rond comme des queues d’pelles, et les gens qui continuent à nous inviter à boire avec eux. De nouveau, les castillos de fuego s’enflamment. Les deux autres loustics se rentrent (je me demande ce qu’il rentrent faire à chaque fois, hum, hum !), moi je zone de groupes en groupes jusqu’à ce que le soleil se lève. Il est 7h quand je rentre faire une « nuit » bien méritée. Je crois que j’ai bu plus de bière ce jour là qu’à la fête de la Basse-Navarre pendant mon stage au Pays Basque, et c’était pas gagné d’avance !

 

Lever 14h, « la tête dans l’cul, l’cul dans l’brouillard », direction la corrida, l’arène a été montée en face de chez nous, c’est bien pratique dans notre état. J’avais encore jamais vu de corrida, mais alors celle-ci devait être particulièrement naze broke, vu qu’il y avait pas de torrero, que des branquignoles déguisés qui s’amusaient à se jeter dans les pattes de la vachette, à lui chopper la queue, ou à faire des soleils par dessus la barrière. Enfin ils ont quand même refusé de faire les guignols quand ils ont fait rentré un vrai taureau qui fait peur dans l’arène. Le clou du spectacle a finalement été l’entrée d’un âne qui broutait tranquille son maïs au milieu de l’arène et qui ruait quand un Grd Père et un gamin essayait de le tirer par sa corde…hum, désolé. On a payé 3 soles pour voir ça, ça valait pas plus.

 

Enfin, à la fin de la corrida 4 vieux nous abordent, déjà défoncés comme des terrains de manœuvre, nous offrent des binouzes (houlala, c’est dur de rallumer la chaudière) on parle agronomie et tout, jusqu’à ce qu’on se rende compte qu’on tchatche avec le maire du village, « très fier de voir de jeunes étrangers s’intéresser au folklore de Toma ». Dois-je préciser, qu’ils nous ont encore suggérer de nous marier avec une Tomeña, comme quasiment tous les mecs rencontrés pendant ces deux jours de fête. Ca devient le village de la tentation cette histoire !!!

 

Donc plein de rencontres, le plaisir de mieux connaître ses voisins, et le pourquoi des traditions locales, de presque se sentir « du village ». On a aussi senti comme un certain malaise social, quand toute la famille n’a qu’un rêve : envoyer ses enfants à Paris parce qu’ici, y a pas de boulot, même pour les diplômés. Donc c’est dit, ce WE au village était tellement cool, qu’on les aidera dans leur assoc’ à Paris, juste histoire de re-goûter à cette ambiance péruvienne si chaleureuse et généreuse.  On est toujours des gringos, « mais c’est un mot gentil » nous a assuré Rosario en nous offrant le porte-clé-décapsuleur « Señor de los Auxilios », comme si on était de la famille. Maintenant, on nous regarde dans la rue en souriant, du genre Ah c’est toi qui dansait comme un p’tit fou samedi dernier avec ma Grand-mère. Bref, on est contents de notre WE.

9月26日

Notre élévation au rang de V.I.P (Guillaume)

Hi, friends !

 

Le week-end dernier fut le théâtre d’autres évènements remarquables. D’abord un bruit suspect venant de la douche, accompagné d’un cri féminin. La porte s’ouvre sur Emilie en serviette avec du shampooing dans les cheveux et un air ahuri : « la douche a explosééé… ». Le dispositif accroché à la paume de douche, qui chauffe instantanément l’eau, a craché de la vapeur brûlante avant de rendre l’âme dans une succession d’étincelles…Et dire qu’on avait enfin de l’eau chaude depuis quelques temps !

 

Et dimanche soir, au stade municipal de Carhuaz, concert exclusif de Sonia Morales, LA grande star péruvienne, chanteuse de wayno (la musique traditionnelle péruvienne) et originaire de la région. Pour vous donner une idée, c’est Madonna pour la notoriété et Nana Mouskouri pour le côté bien bien niais et bien bien tradi. En 1ère partie, Robert, un chanteur avec les lunettes de Gilbert Montagné accompagné de 2 danseurs stupéfiants dans leurs débardeurs moulants transparents, d’une créativité sans limite dans des chorégraphies toutes plus ridicules les unes que les autres…Ce sont néanmoins des beaux gosses et Emilie frétille littéralement. On commence à boire de la bière (que les gens achetaient par caisses !), et Auré et Marie (la nouvelle volontaire belge qui a remplacé Sylviane) commencent à imiter les chorégraphies des 2 virtuoses, déclenchant les fous rires de tous les gens autour (et les nôtres), qui ne portaient du coup plus aucun intérêt au concert.

On discute avec pleins de gens et on boit bière sur bière, payées ou offertes. Nico et Auré partent assez vite. On commence à se rapprocher de la scène, et où qu’on passe tout le monde nous fait des grands sourires, apparemment amusés que des gringos viennent voir leur star nationale. On se met à danser, et là « bam », tout s’éteint, coupure d’électricité ! Plongés dans le noir, on commence à discuter avec nos voisins et voisines, en attendant la réparation, une vingtaine de minutes plus tard. On continue à danser, on continue à boire, minuit passe, et toujours pas de Sonia Morales…

Les mecs de la 1ère partie finissent leur truc, avec une choré hyper chiadée de nos deux tatas, puis fond un peu de pub pour leur DVD : « ce qu’on veut ce soir, c’est pas faire de l’argent, c’est que tout le monde garde un peu du concert dans son âme…On vous les vends pas, les dvds, on vous les donne avec le cœur ! Pour 2 soles… ».

Et puis Sonia arrive, dans une robe à cerceaux et paillettes, étincelante. Les gens sont complètement fous (et trop raides) ! Le concert est sympa, on danse avec les gens. Je vais pisser au moins 5 ou 6 fois pour compenser toute la bière qui rentre. Puis Emilie rentre avec Marie, fatiguée. Et là commence le vrai spectacle…On est hyper à fond, bien chauds, et comme on est un peu plus grands et un peu plus blancs que les autres, on se fait très vite remarquer. Le mec qui chante avec Sonia et qui anime son concert nous interpelle. « - Hé les 2, là, vous êtes d’où ? - De Fraaaance !!! – Alors on dit merci à la France d’être là avec nous ce soiiir ! ». Tout le monde nous sourit, on est tout contents. Un peu plus tard, voyant des gens tous bourrés le faire, je dis à  Jez de monter sur mes épaules. Comme on est vers le devant de la scène, tous les regards du stade se braquent littéralement sur lui, et on danse en tournant. Puis on échange et je me rends compte de la foule présente, ya des centaines de péruviens en feu ! Je me retourne vers la scène et l’animateur nous fait signe pour qu’on monte sur scène, incroyable ! On monte, sous les acclamations du public, avec le smile jusqu’aux oreilles du mec bourré qu’hallucine complètement sur ce qui se passe. Et là, un des danseurs commence à faire un truc de claquettes hyper rapides sur une planche en bois, termine et dis à Jez de faire pareil. Jez est chaud et il nous sort un truc de ouf, comme s’il avait fait des claquettes toute sa vie, pendant que je fais bouger les bras au public comme si j’étais Dr Dre. Les gens rigolent trop de nous voir nous lâcher comme ça. Après c’est mon tour et un 2e danseur commence à danser comme une pédale et à se trémousser sous les rires des gens, genre ça va trop me gêner de l’imiter. Tu me connais pas, mec ! Je danse comme ça tout le temps ! Alors je me lance dans un trémoussé très maniéré, commence à me frotter le dos à la star…Ce con de Jez m’a d’ailleurs filmé sur la fin, je le montrerai à mes enfants celui-là, c’est sûr !!! On se fait remercier, on salue, et on descend de la scène, on check et on commence à partir dans un fou rire, réalisant ce qu’on vient de faire. En revenant dans la foule, on croise le proprio du restaurant où on bouffe tous les midis. Le mec, habituellement un peu froid, nous tape sur la tête et nous sourit jusqu’aux oreilles, comme si on était ses fistons. Il nous présente à une amie « c’est mes amis français ! », et nous paye sa caisse de bière. On dirait qu’on a changé de statut…

On finit par rentrer vers 3h, titubants. Demain, on mange gratuit ! hihi…

Apprenti Richard Virenque (Jésus)

Salut la compagnie

 

Voilà une semaine qu’on est rentrés de vacances et quoi de nouveau sous le soleil péruvien ? Une semaine de taf’ pas trop intense, surtout pour Guillaume, qui a deux semaine de « quasi branlette » en attendant la récolte de son champ. J’attend toujours qu’il m’explique ce que c’est qu’une « quasi branlette », moi en tous cas j’ai jamais essayé… Par contre le WE a été riche émotion, sans doute un des meilleurs qu’on ait passé dans le Callejon, vu ce qui nous est arrivé.

 

Samedi j’avais prévu de faire un truc de mulet, un col en VTT que j’avais envie de faire depuis le début (Punta Olimpica). J’en avait parlé à Emilie et Guillaume et finalement Guillaume me dit OK ça me branche aussi. On va donc à Huaraz le vendredi soir louer les bécanes et être prêts à partir hyper tôt le lendemain de Toma. Lever à 06h15, à 07h30 on enfourche nos bolides et c’est parti. J’estime qu’il y à peu près 5h de montée mais je pars à fond alors que Guigui est plutôt sur un rythme « papi va chercher les croissants » et effectivement au bout de ¾ d’heure de montée non-stop, il me dis qu’il s’éclate pas trop, « en plus j’connais l’paysage » et il fait demi-tour. Je repars sous le cagnard ça monte ça monte, je suis déjà bien entamé à 11h30 quand j’arrive à l’entrée du Parc National et là le gardien me dit qu’il me reste 2h pour atteindre la Punta Olimpica…wouahh et beh c’est pas gagné. Je continue à remonter la Quebrada Ulta en pente relativement douce (les cimes enneigées émergent partout autour, je suis juste au pied du Huascaran) et là je comprends que j’attaque vraiment les choses sérieuses. Devant moi s’élève un mur de 400 ou 500m de haut avec la piste qui serpente en lacets jusqu’en haut…effrayant, j’ai l’impression d’être devant l’Alpe d’Huez. Gros coup au moral, je commence à avoir des cuisses en bois mais je me dis allez tu monte au moins quelques lacets et après tu feras un bonne descente. Et là ils se passe un truc bizarre, soudain les jambes arrêtent de me faire mal et je prend le rythme Papi-croissant, j’enchaîne les virages sans trop de mal,  je me sens invincible, je vais le bouffer ce col ! C’est incroyable comme le physique est soumis à la condition mentale dans ce genre d’effort : dès que j’ai quitté la vision d’horreur de la piste sans fin à escalader, dès que j’étais dans ces virages innombrables, je me suis senti mieux. Le problème c’est que j’ai plus d’eau, et que vers la fin des lacets je m’arrête tous les 300m parce que j’en peux vraiment plus. Finalement un combi me double et me lache une bouteille, je fais encore 1 km et là…où je croyait que j’avais fini d’en chier, la piste continue à monter, encore plein de virages horribles !!! 2h qu’il m’avait dit, ça fait bien 4h que je galère dans les lacets ! Et non c’en est trop j’irai pas plus loin, même si au prochain virage je pourrai peut-être voir le col !!! Je fais demi-tour, la mort dans l’âme et le moral à zéro, avec une envie, être dans mon lit. D’après la carte du coin, il me restait une ½ heure d’efforts, quelques km…

La descente s’avère loin d’être de tout repos : d’une je suis plus trop lucide à cause du manque d’eau et du soleil qui a tapé toute la journée, de deux la piste est pleine de cailloux, c’est dur de prendre de la vitesse sans risquer de se la mettre. A chaque épingle à cheveux, la piste est érodée, donc des pierres énormes dépassent en plein milieu du virage ; je me fait surprendre deux trois fois à arriver trop vite. Et ce qui devait arriver arriva, depuis le temps que ça me pendait au nez : j’arrive au lacet pleine balle, et là je vois les-dites grosses pierres, je freine, je freine et m… ! elles sont énormes ces pierres ! J’en prends une de plein front et retombe sur une autre, la roue avant se bloque et zou ! c’est parti comme à la piscine un beau vol plané par dessus le guidon. Sauf que mon 100m nage libre se termine sur l’épaule dans une grosse couche de cailloux. Je me relève un peu choqué avec une énorme béquille à la cuisse, mais rien de cassé. Papa, maman, rassurez-vous, vot’ petiot avait mis son casque. Le reste de la descente est forcément moins sauvage que le début, je suis un peu refroidi et de toute façon ma béquille m’empêche d’aller bien vite. J’arrive à Toma à la nuit. Il est 18h30, ça fait donc 11h que je suis parti, en décomptant 1h30 de pauses, ça fait 9h30 de vélo, et au moins 2000m de dénivelé aller retour. Hop hop hop une douche, et c’est parti, on doit retourner à Huaraz pour ramener les vélos et retrouver Nico et Auré. Et oui on a fini en boîte de night, pas très vaillant certes, mais bon j’y étais !

Récit des vacances de Guillaume

Salut les zouzous,

(ça vous fout les boules qu’on vous appelle comme ça avouez-le. Oui, Tof, toi je sais que t’aimes bien ;) )

 

Donc, comme vous le savez, nous sommes partis 2 semaines en vacances à travers le Pérou. Jez et Emilie sont partis d’abord 5-6 jours à La Paz (Bolivie) pour voir Little Bacc (qui n’a pas encore gagné son « moutain » à la fin, titre pour l’instant réservé au vieux Big Bacc…), pendant qu’Edwige et moi descendions par la côte.

Bon je voulais faire juste un résumé simplifié, mais il semble que même comme ça, j’me suis encore laissé emporter dans un truc assez long (ya quand même 2 semaines à raconter !), malgré le mal de tête consécutif à une soirée d’hier particulièrement éprouvante. Ne ratez d’ailleurs sous aucun prétexte le récit de cette soirée mythique dans le prochain billet, où nous sommes devenus des gens importants, respectés et aimés de tous dans la belle ville de Carhuaz…

 

Bref, pour revenir aux vacances, j’ai fait un power point avec plein de photos qui parleront d’elles-mêmes. Bientôt dans les boites.

Mais en gros, on est d’abord descendus sur la côte, à Paracas, lieu d’une réserve naturelle genre désert au bord de l’eau, mélange de sable et de sel aggloméré. Très très joli, ainsi que des îles Ballestas, refuge de centaines de milliers d’oiseaux, de lions de mer, de dauphins (oui madame, on a vu des dauphins à 2m !), et y avait même une étoile de mer !!!

Ensuite on est parti à l’oasis de Huacachina (attention, quiz à la fin sur les noms des bleds), havre de paix au beau milieu d’un grand désert de dunes, où on a fait du buggy et du sandboard. Le sandboard c’est vraiment poilant : comme un snow mais sur les dunes. Mais en fait, même quand on fait pas mal de snow, c’est très peu maniable, donc tout le monde se fout sur le bide et dévale des énooormes dunes de 100m de haut tout schuss, à fond les manettes. Et ça tripe trop ! Après on remonte dans le buggy (on était une petite dizaine), et on part à balle dans les dunes, jusqu’à arriver en haut d’une autre grosse descente…J’ai fait la 1ère tout seul debout, mais j’ai rapidement compris que les autres s’éclataient plus en schuss sur le bide. Donc à la 2e descente, ultra motivé, je suis parti comme une flèche, sans freiner avec les pieds comme il avait dit le monsieur, du coup j’ai fait un espèce de jump monstrueux sur une bosse, décollant littéralement du sol, allongé sur ma planche en bois, me préparant à suivre la lumière blanche au bout du tunnel quelques secondes plus tard. En fait je m’en suis sorti avec un bon gros choc testiculaire et suis arrivé tout en bas sans encombre. Mais alors, paye tes sensations ! C’était vraiment marrant. Et le conducteur du buggy, en haut, qui expliquait de plus belle aux autres « vous voyez, il faut con-trô-ler sa vitesse… ».

La 3e étape fut Nazca, également perdu dans une immense étendue vide mais cette fois toute plate, genre route 66. Sur le sol du désert, on trouve d’immenses dessins tracés il y a trèèèès longtemps par une civilisation pré Inca (les Nazcas, tiens tiens…). Il y en a 26 en tout, du condor à l’arbre, en passant par le singe, l’araignée, ou encore l’astronaute ! (à moins que ces nazcas ne dealaient avec des extra-terrestres…un concept à creuser. ou pas). Deux solutions pour les voir : celle des riches et la notre. Les jeunes cadres américains en voyage de comité d’entreprise se laisseront tenter par le survol des lignes en petit quadriplace. Les stagiaires d’ONG choisiront plutôt la vue moins céleste mais ô combien moins onéreuse du mirador en métal qui se dresse sur le bord de la Panaméricaine. De là, on peut distinguer 2 des dessins : l’arbre et les mains. Epatant de les voir de près et de constater qu’ils n’ont pas bougé d’un cm depuis tout ce temps. Leur signification est inconnue, on hésite encore entre astronomie, religion et jeux de plage…

4e ville : Arequipa et le canyon del Colca. Elle, est une belle ville coloniale avec un monastère géant plein de belles couleurs au milieu. Lui est un des 2 canyons les plus profonds du monde, avec ses 3400m (2 fois le prétentieux « Grand » Canyon), et abrite des condors, des espèces d’énooormes pigeons vénérés autrefois par les Incas, aujourd’hui par les touristes allemands en sandales-chaussettes. On a passé deux jours dans le canyon. C’est la seule fois où on est passé par une agence, mais là c’était quasi-obliged. Et on a rapidement déchanté…La guide, qui avait du suivre une formation de gardienne de crèche, répétait chaque mot 3 fois en anglais, 3 fois en espagnol, ce qui devient assez vite horripilant quand on comprend les 2 langues. Au bout de 823 « It’s Ok ? Well… », notre self-control commençait à s’effriter, laissant glisser jusqu’à mon esprit quelques idées de tortures bien senties. « Concentre toi sur le paysage…oui, je sais que cet arbre serait parfait pour pendre par les pieds un être de petite taille…mais on a pas de corde de toute faç…Pense au paysage ! ». Le paysage, en l’occurrence, s’étale pendant 7h de car à travers une réserve naturelle saline peuplée de troupeaux de vigognes, lamas et alpagas, avant d’arriver au bled où on mange le soir dans une peña, où la danseuse m’a entraîné dans une danse sans fin d’une monotonie suicidaire, m’obligeant à placer quelques passes de rock histoire de passer le temps. Parce que tourner en rond en se tenant par le coude, en changeant de bras et de sens tous les 2 tours pendant un quart d’heure, c’est bien blindé au K-vô sur de la musique country mais pas plus…On dort et on repart le lendemain matin pour le canyon et Cruz del condor, où on a vu…des condors. Au retour à Arequipa, la guide qui m’avait tant saoulé avait limite les larmes aux yeux en me disant au revoir ! Elle, elle nous avait trop kiffé apparemment…

Etape suivante, Puno, sur le bord du lac Titicaca, et l’île Taquile. Peut-être la plus marquante du voyage, tant par la beauté de l’endroit que par l’échange avec les habitants de l’île. En gros on a débarqué à Puno le vendredi à 15h, et on avait jusqu’à dimanche soir pour faire l’île Taquile (2 jours complets), sachant que je voulais aussi profiter de la proximité de la frontière péruvienne pour refaire mon visa. Conclusion : il fallait tailler à la frontière direct, en espérant arriver juste avant la fermeture, et convaincre les mecs de nous laisser aussitôt repasser dans l’autre sens, choper un des dernier bus pour pouvoir dormir à Puno afin de prendre le bateau pour les îles tôt le lendemain. En gros, un truc quasi-impossible. On arrive au poste frontière à la nuit tombée, on passe. On attend 20 minutes de l’autre côté. Je peaufine mon énorme mytho, car les flics boliviens détestent au plus haut point les gens qui rentrent dans leur pays juste pour refaire un visa et qui ne semblent pas vouer une passion sans borne pour leur culture et paysages…Donc très souvent c’est mort de passer en coup de vent, ou alors en échange de quelques dessous de table bien répartis. On rentre de nouveau dans le poste frontière bolivien, je me met en mode « acteur », prend un air profondément embarrassé, et commence à exposer notre « problème » : « On avait prévu de retrouver un pote à son hôtel côté bolivien pour aller 3-4 jours à Copa Cabana, mais à cause du blocus (coup de cul, la ville était bloquée depuis 2 jours), mon pote est rentré à Puno (côté péruvien), d’autant plus qu’on lui avait piqué son sac…Il avait donc laissé un message à son hôtel pour nous dire de rentrer immédiatement à Puno, sans quoi il risquait de devoir dormir dehors, sans argent…Croyez bien, cher Môssieur le policier, que j’aurais préféré aller me faire bronzer le cul à Copa Cabana, mais comme notre pote a des problèmes…». Le 1er flic m’a complètement grillé, mais comme je suis resté ferme comme un roc, « je vous assure que c’est la vérité », faisant passer mon flip que ça marche pas pour de l’inquiétude pour mon ami imaginaire, c’est passé. Les autres m’ont laissé passer sans soucis. On chope un bus, puis un hôtel à Puno vers 23h30. Pari réussi, finger in the noze, sans rien débourser, assez contents de nous.

Le lendemain matin, départ pour l’île Taquile. Le lac Titicaca bénéficie d’une lumière incroyable, c’est somptueux. On passe par les îles flottantes, sortent de radeaux géants faits de couches successives de roseaux, où les gens vivent. Ce lieu est d’une rare beauté. Sur le bateau on rencontre David et Steph, un couple de français super sympas avec qui on finira le voyage. Puis on arrive sur l’île Taquile. Là, on assigne à tous les touristes indépendants qui veulent dormir sur l’île une famille chez qui loger et manger. Le notre est seul, il nous explique que sa femme est à l’hôpital, très malade, et qu’il a perdu ses 2 jumeaux récemment…Bon…Ptite rando l’après-midi, et discussion fantastique le soir pendant le repas, à la bougie, avec notre hôte et un anthropologue qui dormait aussi chez lui. On a parlé jusqu’à pas d’heure du mauvais tourisme qui avait le monopole, des agences qui faisaient dormir tous les touristes sur l’île Amantani (comme l’on fait Jez et Emilie), ne les faisant passer sur Taquile que 2 heures, le temps de prendre 3 photos du paysage et 2 des costumes des gens, relégués à de simples éléments de déco, sans aucun échange entre touristes et autochtones qui le vivent plutôt mal. Ce professeur était directeur d’un Institut de culture et venait juste de signer un accord avec la communauté de Taquile pour former des jeunes de l’île à accueillir eux-mêmes les touristes et leur transmettre des éléments de leur culture. 2 jours plus tôt, des représentants des agences de Puno étaient venus lui dire de cesser ces formations, que ça ne servait à rien d’éduquer les gens, et que s’il continuait ils diraient à tous les touristes qu’il n’y avait rien à voir dans cette région. Absurde et révélateur de la mentalité du tourisme…Ensuite ils nous ont parlé de leurs traditions, nous ont expliqué chaque détail de leurs vêtements, brodés et offerts entre époux, de leurs bonnets, dont la couleur révèle le statut social et marital de l’homme, de leurs ceinturons brodés à douze cases dont les symboles rappellent à l’homme ses devoirs de chaque mois de l’année aux plans agricole, religieux, familial ou encore politique, etc. Bref, chaque détail supplémentaire nous aidait à comprendre un peu mieux l’organisation sociale et familiale de cette communauté très attachée à ses traditions. Avec Edwige, on était transportés dans une autre dimension. Tout ça, ils préféreraient le partager plutôt que d’être juste pris en photo par des gens qui ignorent tout d’eux. Quand je leur ai dit que c’était ma plus belle soirée depuis que j’étais au Pérou, leurs visages se sont tellement illuminés ! Ca nous a mis du baume au cœur…On est rentré le lendemain, après avoir croisé Jez et Emilie. On est parti le soir pour Cuzco.

Cuzco, capitale archéologique. On visite la ville, sympas, avec Jez et Emilie, on se fait une petite soirée en boite pétée de ptits français qui se trémoussent sur le bar. Oulaaa, c’est Grignon, ici ! Je passe sur Pisac et Ollantaytambo, deux mini Machu Picchu plutôt sympas. Puis Jez et Emilie partent pour leur trek de 4 jours, et nous on se fait une petite rando aux Salines avec David et Stéphanie, le Guérande péruvien, sauf que c’est à flanc de montagne. Super joli !

Le soir, on prend le train pour Aguas Calientes, le bled sous le Machu Picchu. On dort dans une piaule à 4 car moins chère, et on attaque les 500m de montée à 5h du mat, à la frontale. Edwige, moins habituée à la grimpette en altitude, s’en sort très bien même si son chéri doit lui porter son sac, et on arrive en haut pour l’ouverture du site, à 6h. Et là, whaaaaa…Le lever de soleil sur le Machu quand il y a encore personne, ça vaut son pesant de cacahouètes !!!

Les meufs sont mortes, mais avec David on monte en haut du Wayna Picchu (200m à pic), le pain de sucre derrière le Machu, dont on a un panorama à 360° sur les montagnes et le Machu. Puis, comme on a encore la pêche, on décide de descendre de l’autre côté pour aller voir le temple de la Lune, 450m plus bas, en pente raide (parfois en échelle), de quoi se casser les jambes. Puis il faut encore remonter les 250m qui nous séparent du Machu Picchu, et là je perds 3L d’eau sous le caniar alors que David ne perd pas une goutte et semble frais comme un gardon…Saloperie de grenoblois, encore une brute de montagne !

En fin d’aprem, on redescend les 500m jusqu’à Aguas Calientes et on va se vautrer dans les sources chaudes. Le bonheuuur…

Mais la fin des vacances approche. On rentre à Cuzco, on dit au revoir à nos potes, et puis c’est l’avion pour Lima. Une nuit au bureau de l’ONG et je raccompagne ma douce à l’aéroport pour des adieux pleins d’émotion.

Ensuite je vais prendre mon bus pour Huaraz, dans lequel on est 6 pour 2 étages, et j’arrive à la maison samedi soir. Y a rien à bouffer alors j’ouvre le foie gras qu’Edwige m’a ramené de la part de ma mère…Le dimanche il pleut des cordes, je glande tout seul à la maison, et puis le lendemain faut reprendre le taf. Mais même la solitude, le temps pourri et les sombres perspectives de travail étaient incapables d’enlever le sourire niais qui apparaissait sur ma tronche chaque fois que je pensais à ces merveilleuses vacances…

Récit des vacances de Jez

Salut tout le monde

 

On vous avait un peu délaissés ces derniers temps avec Guillaume pour cause de vacances. Ces deux semaines ont donc été l’occasion de visiter le Sud du Pérou, une bien belle région ma foi, même si ça vaut pas la Charente Maritime. Le voyage commence par un p’tit dîner d’adieu Chez Patrick à Huaraz (Auré, Edwige, Guigui, Emilie et moi) avant de prendre le bus direction Lima. On finit la nuit aux bureaux de l’ONG et là c’est le schisme : Guigui et Edwige filent à l’anglaise pour faire leur vacances de leur côté, nous laissant seuls en amoureux avec Emilie. Pour notre part, le but des vacances est simple : tracer le plus vite possible en Bolivie pour rejoindre Charles en stage à l’IRD de La Paz, Maylis en vacances avec ce grand con de Bacchus Jr, qui a fait le grand voyage pour la voir, la veinarde. Pour gagner du temps on prend donc l’avion pour Arequipa, la ville blanche. Au passage une petite anecdote : Pierre, le coordinateur de l’ONG nous charge d’accompagner David à l’aéroport de Lima. David c’est un petit paysan Guatémaltèque d’1m 50 qui vient de prendre l’avion pour la 1ère fois et qui doit participer à un séminaire d’agriculture bio à Pucalpa dans la selva. Nous voilà donc à accompagner le petit David, tout ahuri dans cette immense ville, à l’aéroport, où les stewards croient que c’est lui qui nous met dans l’avion… le gringo n’est pas celui qu’on croit.

Bref on arrive dans la journée à Arequipa, qu’on visite dans le cours de l’aprèm’. L’occasion de goûter la fameuse arequipeña, la bière locale ; pas dégueu mais ça vaut pas une bonne Monsterbrau ou une Mahou 5 étoiles. Le lendemain, on fait une super sortie VTT avec un guide qui nous explique l’agriculture en terrasse dans la campiña autour d’Arequipa. Emilie crache ses poumons après 4 mois de bièr…heu d’Erasmus en Espagne. On finit de visiter la ville, et on sent déjà que le Sud est un vrai nid à touristes. L’occasion de commencer le concours photo du vieux touriste européen le plus ridicule (VTER=Vieux Touriste Européen Ridicule). Les Allemands font un départ de feu avec une magnifique chemise rayée fluo rentrée dans le pantalon 20cm au-dessus le nombril. Mais les vieux français ne sont pas en reste avec un magnifique pantacourt assorti au célèbre kit chaussettes-sandales. Bref, on se gave (et on se fait aussi griller des fois, c’est comme ça que je sais que le deuxième est français) avant de reprendre le bus direction Desaguadero, la frontière Bolivie-Pérou au bord du Titicaca. La traversée de l’altiplano péruvien de nuit, c’est une nuit dans un bus qu’on croit qu’y a pas de fenêtres tellement y a de courants d’air. On se caille pendant des heures par 5°C sans pouvoir fermer l’œil, puis c’est l’arrivée à la frontière (tiens d’un coup ya plus de vieux touristes). On doit traverser à pied, la Bolivie est là juste de l’autre côté du pont puis reprendre un collectivo bolivien pour poursuivre jusqu’à La Paz. On arrive à passer les deux services d’immigration sans graisser la patte à aucun fonctionnaire (y en a bien un qui a essayé mais on lui a dit c’est NO WAY). Bref, on finit par arriver à La Paz, on est morts, mais c’est d’la balle on va voir Charlie, Bac et Maylis, ouaiiiichhhh !!!!

Les 5 agros se retrouvent chez Charli, on s’boit « un  p’tit jus », et c’est parti pour visiter la ville. L’arrivée à La Paz laisse une impression marquante : on débarque de l’altiplano désertique dans une cuvette immense et couverte de maisons avec les grands immeubles du centre tout au fond et des montagnes énormes à l’horizon. Le tout sous un soleil de ouf, ça laisse vraiment pantois. Charlie, avec son maillot de foot bolivien tout neuf, nous fait le guide, ça fait plus d’1 mois qu’il étudie la qualité de la quinoa autour de La Paz, et on le charrie car il va passer deux mois à trier des grains minuscules. Bacchus est dans un trip « ça te dit pas qu’on se fasse percer l’arcade ensemble à La Paz » et m’incite rapidement à me faire percer le prépuce, mais c’est toujours NO WAY (tu pourrais au moins choisir un ville plus « safe » non ?). La Paz c’est aussi la ville la moins cher du monde pour s’habiller roots et décorer sa maison avec du tissu fluo. Es chambre d’Emilie et Maylis seront bien kitch une fois qu’elles auront installé tous les nappes qu’elles ont acheté. Le deuxième jour, on est pris d’un grosse crise de culture et on suit Charlie au ministère de la culture bolivien pour une projection d’un doc cubain intitulé « le Che au Congo ».  Je ne passerai pas en revue les gros fous rires sur le « Che au Tibet », ou le « Che chez les soviets »…ceci dit c’est pas demain la veille qu’on aura le Che en Amérique…Bon, on s’installe, ça va être cool, avec nos deux mois d’espagnol intensif derrière nous ; tu parles, on ressort au bout d’une heure et demie de solitude absolue sans avoir pané un mot à cause de l’accent de ces p…de cubains. En gros on a pigé que le Che avait pas fait le déplacement pour beurrer les sandwiches et qu’il avait bien foutu la merde pendant ses vacances au Congo. Le soir c’est la despedida de Bacchus qui rentre en France juste à temps pour l’Intégration à l’INA, je sais pas quand je le reverrai le brave petit, entre ma césure et la sienne c’est pas gagné, mais en tous cas pour cette fois mon prépuce est intact, ouf !!!!

Le lendemain on part en rando avec Emilie et Maylis dans le cañon de Palca à une heure de route de La Paz. Paysage de grand cañon impressionnant avec d’immense tours sculptéee par l’érosion,…des p’tits airs de Riglos pour ceux qui connaissent. Puis c’est l’heure de se quitter : Maylis va retourner à Potosi pour piquer des brebis avec Maëlle et on laisse Charlie à sa quinoa, en se promettant de se voir le WE qui vient à Copacabana sur le Titicaca, ou on doit rejoindre aussi Guigui et Edwige. Le problème, c’est que les boliviens ont la fâcheuse habitude de faire des bloqueos (blocus des routes) pour obtenir quelque chose du gouvernement, et c’est justement le cas à Copacabana ce jour-là : impossible d’accéder à la ville, de toute façon tous les restos et les bars sont fermés alors où est l’intérêt je vous le demande ? On passe notre chemin et on file donc à Puno, côté péruvien pour retrouver Ed et Gui là-bas (sur le bord du lac je manque d’enlever deux petite filles, mais la présence d’Emilie me retient de passer à l’acte). Temps-pis Charlie, on se reverra en décembre, pour notre noël péruvien.

A Puno je passe rapidement sur la visite du cimetière Colla de Sillustani avec un groupe de touristes à gerber et sur ma première expérience de Cebiche (poisson cru cuit dans du jus de citron=chiasse fulgurante le lendemain). Le deuxième jour, comme on a pas de nouvelles de Gui et Ed, on part tous seuls visiter les îles du Titicaca en bateau. On commence par le îles flottantes, construites en roseaux, des indiens Uros. Les gentils indiens nous attendent sur leur gentil radeau (impressionnants en vérité) pour nous vendre leurs gentils colliers. Tout ça fait un peu artificiel, on reste 2 heures, je manque encore de virer pédophile (je sais pas ce que j’ai à attirer les p’tites filles) avec la petite Esmeralda qui arrive à me vendre un dessin. Puis on part vers l’îles d’Amantani ou on est accueilli dans une famille pour passer la nuit. La mamita s’appelle Victoria, son mari est parti à Lima gagner durement sa vie et du coup elle vit seule sur l’île avec ses 4 enfants sans électricité. On se dit, wouah ils doivent être vachement coupés du monde ! heu…ses deux garçons s’appellent quand même Clinton et Washington.

Le soir après avoir visité l’île (couché de soleil sur le lac dans une tranquillité absolue, on se croirait en Croatie, pour Xabi, Kama et PP), on dîne avec la p’tite famille. La p’tite Marie Cruz nous chante des chansons patriotiques en quechua ou espagnol, puis je me sens obligé de pousser la chansonnette. Non je n’ai pas chanté la Marseillaise pour montrer que moi aussi j’étais fier de mon pays, j’ai juste massacré l’Orage de Brassens. Je vais vite sur la honteuse soirée folklorique qui a suivi où tous les gringos présents sur l’île devait se déguiser en habit traditionnel et danser avec leur Mamita sur La Bamba jouée à la flûte de pan. Un grand moment de solitude. Le lendemain on part visiter l’ïle de Taquile tout aussi magnifique et calme. Sur la place du village, un mec me tape sur l’épaule : c’est Guigui !!! On s’est enfin retrouvés après 4 jours à s’écrire des mails dans le vide. On rejoint Puno toujours en bateau ou nous faisons la connaissances de deux super filles : Tania et Suzan, allemandes, 25ans, en vacances entre le Chili, le Pérou et l’Equateur, que le guide débile du bateau a aussi gonflées et avec lesquelles nous passerons toute la fin des vacances.

De retour à Puno, on prend le bus de nuit pour Cuzco, « capitale archéologique d’Amérique Latine ». Et effectivement, ça envoie l’bois comme on dit par chez nous : églises ou casonas magnifiques tous les 10m, on en prend plein les yeux. L’architecture coloniale majestueuse se confond souvent avec les restes de murs incas, le tout sur fond de culture (expos d’art contemporain, bien plus accessible que les docs cubains sur le Che). Le soir, Gui, Emilie et Edwige me font la surprise d’un p’tit cadeau d’anniversaire anticipé : gâteau au chocolat et super T-shirt ; puis évidemment on sort en boîte de night avec Tania et Suzan, le Pisco Sour coule flot…danseurs de salsa et barmen jongleurs font leur show. Je reste pas mal de temps à discuter avec des étudiantes de l’école Supérieure de Commerce de Lyon. Ils sont 11 rien qu’à Cuzco, de quoi rester dans une ambiance très… école de commerce si vous voyez ce que je veux dire. Le plus marrant c’est qu’une des filles avec qui je discute (probablement une fille de docteur, comme toutes ces connasses d’Epices de droite ;)) habite à…Plaisir. D’ailleurs elle s’appelle Victoire de Bournet, moi j’dis ça j’dis rien mais avec un nom pareil sa famille doit aller plus souvent à la messe qu’aux manifs.

Le lendemain on part visiter les villages de la vallée sacrée des Incas (ou coule le fleuve Urubamba, à l’origine de l’Amazone). D’abord Pisac, une visite complètement mystique avec un guide passionnant, puis Ollantaytambo, site de moindre envergure. Mais dans les deux cas ces barrés d’incas on complètement aménagé la montagne pour y vivre, y prier et s’y défendre ; vraiment hallucinant et encore je vous parle pas encore du Macchu Picchu…

Le Macchu Picchu, venons-y justement…Nos chemins se séparent de nouveau : Guigui et Edwige manquent de temps pour faire le treck que nous voulons faire avec Emilie pour atteindre le sanctuaire inca (Edwige a son avion pour la France le samedi). Du coup nous partons de notre côté avec les 2 teutonnes pour une journée de VTT, 2 jours de treck et enfin atteindre le saint des saints le 4ème jour. On a vraiment une fine équipe : il ya donc nous deux, Tania et Suzan, un couple Suisses-Allemands (encore !!!!) et trois jeunes américains de Seattle (Derrick, Tim, et Brian). Après 5h de bus, on descend les VTT du toit et c’est parti pour 4h non-stop de « down-hill », à fond les ballons, je manque de me la mettre 2 ou 3 fois, mais on arrive finalement entier à Santa Maria. J’ai oublié de dire qu’au cours de 5h de bus on a franchi un col de mammouth et que du coup le paysage a complètement changé. C’est beaucoup plus humide, beaucoup plus boisé, ya des plantes chelou des moustiques plutôt morts de faim, bref, c’est le début de la selva. On dort sous la tente après un repas aux p’tits oignons. Le lendemain on se lève à 6h, fini le vélo, c’est pure rando à présent. A peine levé, je comprend pas ce qui m’arrive, Emilie me tend un Sneakers (chose rare et chère ici, preque 1 euro pensez donc !), puis Suzan et Tania m’offrent un gâteau au chocolat avec une p’tite bougie et du coup ça y est je suis majeur dans le monde entier. Ambiance inédite de jungle humide pour un jour d’anniversaire très…transpirant. On commence à marcher sous le gros cagnard, au début ça grimpe sévère puis c’est plus cool, on remonte la vallée de l’Urubamba tranquillou, on traverse la rivière avec des nacelles suspendues, jusqu’à arriver à Santa Teresa. Au passage on s’arrête dans une piscine thermale en plein air, des p’tits graviers au fond du bassin, et vue sur la montagne. A Santa Teresa, on sort dans le bar-boîte du coin (et oui c’est toujours mon anniversaire, ou les trois ricains mettent le feu au Dance Floor, hilarant de voir Tim (un bon mètre 90) danser avec la fille de la patronne (4 ans). Le lendemain toujours rando, mais plus tranquille on arrive à Agua Calientes, le dernier village avant Matchu Pitchu. Agua Calientes, c’est la connexion internet la plus cher et les commerçants les plus cons du Pérou mais surtout je sens tout de suite un potentiel de V.T.E.R. hallucinant. Déjà qu’ils sont rougeaud à causes du soleil, en plus ils ont leurs pattes poilues et blanches boursouflées de piqûres, et le kit chaussettes-sandales n’y change rien.

Le lendemain, lever à 5h du mat pour monter à « la vieille montagne » et arriver dans les premiers au site. Le guide nous promet 1h de montée, je suis là haut en 35 minutes, Emilie arrive 10 min plus tard, c’est bien, la petite reprend le dessus sur la San Miguel. Et là c’est le pied, on est devant un des paysages les plus célèbre du monde, dans un cadre d’une sérénité absolue, les ruines montent à l’assaut de la montagne dans une harmonie de terrasses et de quartiers d’habitation.

Bon ça c’est pour la partie poésie de la visite, il faut par contre faire abstraction d’Horacio, notre guide débile qui parle anglais comme moi chinois et qui hurle dans tout le site « Pachamama » pour nous montrer que, et oui, ça résonne. A chaque fois qu’il a fini une explication il gueule « Well, ladies & gentleman, boys and girls, follow me, go, go, go !!!!!), du coup je m’esquive parfois pour faire quelques clichés bien sentis de V.T.E.R. qui abondent en cette contrée reculée du Pérou. On monte au sommet du Wayna Picchu (la grande montagne au fond de la carte postale), on observe la forme de condor de la cité perdue (m’ouais…) puis on redescend. Magique.

Après c’est beaucoup moins marrant, une fois la visite terminée, ça sent terriblement la fin des vacances. On est samedi apèm’ au Macchu Picchu et il faut qu’on soit lundi matin au boulot à Carhuaz, le tout sans prendre l’avion (ce serait trop facile). Train puis mini-bus  jusqu’à Cuzco, adieux larmoyants avec Suzan et Tania (buena onda avec ces deux filles) puis on trace direct au terminal pour prendre in-extremis le dernier bus pour Lima. Suivent 20h de bus et 8h supplémentaire pour faire Lima-Carhuaz. Au passage un petit bijou du cinéma d’art et d’essai nous est diffusé dans le bus : l’histoire d’un dentiste noir de Miami qui découvre que son père est blanc et vit en alaska ; le pseudo Eddie Murphie finit par gagner une course de chiens de traîneau. Voilà, ça sentait vraiment la fin des vacances.

Depuis c’est dur de s’y remettre mais y a eu du nouveau au bureau, la remplaçante de Sylviane est arrivée, toujours blonde, toujours belge, mais lesbienne cette fois. Ca change !

On est en train de réunir un jury pour élire la plus belle photo de V.T.E.R. (promis bientôt toutes dispo sur le blog) mais Guillaume dit qu’il faut attendre parce qu’il lui manque les photos du Macchu Picchu. En fait je crois qu’il a tout bêtement peur de perdre.

Tous ces voyages m’ont mis plein de choses dans la tête et même j’aurais presque envie d’en finir rapidement avec le stage pour bouger de nouveau. Vivement décembre donc, même si ça veut aussi dire vivement la pluie…

Bravo à tous ceux qui sont allés au bout du roman, et encore j’ai pas trop brodé sur tout ce qui nous est arrivé !!!

Bisous à tous et à très bientôt

9月18日

Back to the bercailles

SALUUUUUUUUUUT
 
Desolés pour ce petit retard de presque un mois...mais on avait pleins de choses a faire, on était en vacaaaaaaaaances !!!
Et je crois que pour l'un comme pour l'autre elles furent relativement extraordinaires. On sait pas encore sous quelle forme on va vous raconter tout ça vu qu'on a pas fait exactement les mêmes choses, et comment on va choisir parmis 2000 photos déja passées à travers les mailles d'une premiere vague d'effacement...
En tout cas des nouvelles prochainement.
Gros bisous
 
Guillaume
8月17日

Le Vallunaraju, un WE qui envoie le steak (Jésus)

Salut les copains

J’espère que le dernier billet de Guigui sur les morts qui se multiplient plus vite que les vivants dans notre petit coin de Pérou vous a pas trop fait peur. Encore une transition bien pensée, puisque ce WE je partais en expé en montagne sans guide, comme la plupart des gringos qui sont morts depuis 2 mois dans la cordillère Blanche. Mais ne vous inquiétez pas, vu que je suis derrière mon ordi en train de vous écrire, c’est que je suis encore en vie-ou du moins j’ai toujours l’usage de mes mains.

Au départ, je voulais faire un sommet un peu plus technique que le Pisco (avec un peu plus de piolet et tout) et les mecs de Galaxia m’avaient proposé le Tocllaraju (6034m), en 4 jours, en me joignant à un autre groupe qui devait le faire. Guigui est pas hyper chaud pour remettre plein de sous dans un sommet, et Emilie, elle non plus, n’est pas hyper chaude pour remettre plein de larmes dans un sommet. Mais voilà la veille du départ (jeudi soir) je déclare forfait : 1/Le groupe finalement ne part pas ; 2/J’ai la chiasse ; 3/Je viens de recevoir un mail très aimable de Pierre, le coordinateur de l’ONG à Lima, qui me dis gentiment d’aller nous faire foutre, moi et les deux jours de congés que je lui avait demander pour faire le sommet en 4 jours. L’occasion de me rappeler à l’ordre « et p’tit gars oublie pas qu’t’as un statut précaire et que c’est déjà beau qu’taies 2 semaines de vacances en 6 mois », et je parle même pas des congés payés, vu qu’on est pas payés. Mais je pense à tout ce que Baron a enduré en Malaisie et je me dis que ça vaut pas la peine de démissionner pour si peu. Par contre, maintenant je n’ai plus aucun scrupule à squatter MSN pendant les heures de boulot, ils l’ont bien cherché.

Bref, l’expé tombe à l’eau. Mais entre temps, figurez vous que je rencontre Andrea, 25 ans, super mignonne, suisso-péruvienne, quadrilingue, en stage à Huaraz à l’INRENA. Et la belle me dit (beaucoup plus aimable que Pierre) : « Ce WE, avec Yves, on va grimper à la Quebrada Llaca samedi et on fait le Vallunaraju (5680m) dimanche dans la journée ». Je dis banco. L’avantage de partir sans guide en expé c’est que ça coûte pas cher ; l’inconvénient, c’est qu’on risque sa vie. Mais bon, le Vallunaraju est un des sommets les plus faciles (glacier en pente douce jusqu’au sommet, pas de murs ni de crevasses dangereuses) et en plus je suis accompagné par deux sacrées pointures en matière d’alpinisme. Petite présentation d’Yves : 40ans, physicien de formation, actuellement glaciologue à l’IRD de Grenoble, il fait du miel quand il est pas envoyé en mission surveiller les glaciers Himalayens ou Andins. Bref, avec son petit accent du Sud et des mots d’esprits fulgurants (« Bon ce soir une branlette et au lit »), c’est un sacré connard, comme dirait Dépar. Ajoutons à cela qu’il a fait plusieurs 6000 dans l’Himalaya, en Bolivie et qu’il a fait plusieurs couloirs en Terre de Bafin,…de quoi partir rassuré.

On se retrouve donc le samedi matin à Huaraz, avec tous le barda, tente, matos de glace, matos d’escalade, bouffe pour 3 personnes pendant 2 jours,…ça change de l’expé «club Med » au Pisco. On chope un taxi un peu con qui accepte de nous emmener au refuge 1300m plus haut pour 45 soles (le prix normal est de 65 soles, attention ça a son importance, dans la suite de nos aventure, c’est nous les cons). On arrive au refuge après 1h30 de piste, ou on décide finalement de prendre une piaule, vu qu’il y a pas un chat. Là on rencontre le mec qui tient le truc, Marciano, 60 ballets, à mi-chemin entre le paysan andin un peu rustre et le montagnard mystique (il lit « La médecine naturelle » pour échapper à l’appareil commercial de l’industrie pharmaceutique et passe les dernières heures du jour enveloppé dans son poncho à mâcher la coca face à sa vallée…roots !!!!!). Après le thé en compagnie de Skippy-Marciano , direction les parois de la vallée ou se trouvent les voies équipées. J’ouvre une parenthèse pour les spécialistes (c’est à dire mes frères, la folle équipe du stage d’escalade en Ardèche, et LN Clerc), c’est des immenses dalles de granite avec un clou tous les 4m, on y fait un 5sup et un 6a et pour cause de corde trop juste je me tape 20m en désescalade pour finalement taper un rappel sur spit…bref ça met dans l’ambiance. La page technique est finie, Aude et Sarah vous pouvez continuer la lecture. Arrive le soir on se rentre pour manger et là mon ventre dis non. Je passe la nuit plié en deux de douleur et arrive quand même à dormir 2-3h. Lever à 2h00 du mat, j’avale quasiment rien et c’est parti, la peur au ventre, c’est le cas de le dire. Un petit coup d’œil aux étoiles, à la lune, juste nous rendre compte que c’est quasiment pas la peine d’allumer la frontale. La légende qui dit qu’on peut lire en pleine nuit dans la cordillère blanche est pas totalement infondée. On attaque la moraine de plein front, donc 3 premières heures de montée bien raide. Je sers tout ce que je peux pour que mon ventre tienne le coup et c’est bizarre, malgré la tempête intestinale qui se déroule à l’intérieur, j’en apprécie d’autant plus le calme de la montagne, les deux étoiles filantes qui zèbrent le ciel, les lumières de la vallée qui apparaissent au fur et à mesure qu’on s’élève…combat intérieur et ascension mystique…jusqu’à ce qu’on se retrouve complètement paumé au milieu des cailloux à perte de vue. Le dernier cairn ne menant nulle part, on bartasse sur 100m de dénivelé à chercher un chemin à travers de grandes dalles inclinées. On trouve finalement un passage qui nous mène au glacier…100m trop haut. On arrive enfin au départ de la langue glacière, le soleil se lève sur le Callejon dans un délire de couleurs, bleu, ocre, blanc,…tout y passe. On s’encorde et c’est parti, Andrea se sent pas très bien mais elle continue. Après ¾ d’heure de marche, il se passe un truc bizarre, je pose le pied et ça accroche plus : une fixation de mes crampons vient de péter, je vais devoir poursuivre avec un seul pied cramponné. Dans les raidillons de glace je glisse un pas sur deux, ce qui me fait oublier mon mal au ventre. Mais à 1h30 (200m de dénivelé) du sommet, Andrea dit stop, elle peut pas aller plus loin. Ah les gonzesses…Heureusement qu’elle est jolie. On fait une p’tite photo tous les trois, histoire de dire, et puis on attaque la redescente. Malgré tout je suis content, j’ai traîné ma chiasse à 5400m…

Arrivés au refuge, on n’en peut plus, mais c’est pourtant là que commence nos aventures. On parle à Marciano du taxi qui doit venir nous chercher à 15h pour 45 soles. Là le vieux sage nous dit qu’il faut pas chercher et que pour ce prix là, le larron ne reviendra jamais nous chercher. On se retrouve donc perdu au bout de cette vallée, sans rien pour appeler personne et Marciano qui veut fermer le refuge puisqu’on est les seuls dedans. On décide alors d’anticiper la démission annoncée de ce « puta de cabron de mierda » de taxi et de commencer à descendre avec tous le barda jusqu’au poste qui marque l’entrée du parc. On met le sac sur le dos et on commence chacun à chanceler, on a –au bas mot- 30kg chacun sur les épaules. On arrive à 15h à la barrière, où comme prévu, y a personne. On se pose avec 3 vieux péruviens dont Marciano qui nous a accompagné. On a alors l’idée de prendre une mule pour au moins charger les sacs dessus ; l’un des mecs part aussitôt dans la montagne chercher un soit-disant mulet qui baguenaude dans la nature : ce sera pas long, 15 minutes « no mas », tu parles, la mûle, c’est comme le taxi on n’en verra jamais la couleur. Pendant qu’on se repose un peu, Marciano et son pote commencent gentiment à s’allumer la gueule. Il est 15h00 et ils enchaînent coca, clopes et flasque d’alcool. Ils nous proposent et ma foi, au point où on en est, avec Yves on prend une goulée, pouahhh c’est de l’alcool à 70° ! Sur ce, on se remet en route (le sac paraît moins lourd !) et on gagne le premier village après 2h de descente, toujours chargés comme ??????. Andrea, qui n’en pouvaient plus là haut, a encore les watts pour porter son sac jusqu’au bout. Il nous reste encore 400m de dénivelé pour atteindre Huaraz, si jamais on trouve pas de colectivo pour nous descendre. Ca fait rien que 13h qu’on marche-depuis 3h00 du mat’ ! quand un 4/4 Mitsubishi nous prend. A l’intérieur, une famille péruvienne, les parents, 3 ados, 5 chiens,…un perroquet (ara rouge si vous voulez une idée de la taille du bestiau), et un singe ! On commence à comprendre ce qui cloche quand le mec insiste pour nous faire visiter El Pinar, là où il habite, le village-bunker construit pour les employés de la mine canadienne du coin, la troisième plus grosse mine de cuivre du monde. A l’entrée, le mec commence par engueuler le vigile qui voulait prendre nos noms. Et c’est parti pour la visite : pas un brin d’herbe qui dépasse, le collège et le « club » intégré, on se croirait dans Dawson ou « 7 à la maison ». Ils nous font négligemment remarquer que le style des maisons est différent du reste du Pérou, effectivement, on dirait un quartier de pavillons Phoenix en démonstration…la petite famille a deux voitures, luxe hallucinant ici, normal le père est ingénieur et chef d’équipe à la mine. Il nous explique que la mine est à 3h de route d’ici donc il travaille 10 jours pour 10 jours de congé à El Pinar. Je ravale ma salive en pensant aux 2 jours de vacances que je me suis mis dans les fesses y a 2 jours. Le clou de la visite, c’est quand au détour d’un virage, la mère, toute contente de nous apprendre quelque chose, nous désigne le Huascaran tout là-bas, alors que c’est sans doute  le seul sommet qu’elle connaît. Une photo ? Non merci, la vue était plus chouette ce matin, 2000m plus haut, mais évidemment c’est la seule vue qu’ils connaissent, car bien sûr on ne sort pas souvent d’El Pinar. Bref, on quitte Sun City un peu nauséeux, dégoûtés de descendre à Huaraz par la route qui dessert El Pinar –la mieux entretenue du coin, cela va sans dire. Bon j’dis ça mais on était tellement crevés qu’aucun de nous a dit « OK mec on arrête le cirque tu nous descend là ». Et pis ils étaient quand même bien sympas  de nous prendre avec nos 90kg de matos, et surtout tellement heureux de rencontrer des occidentaux pour leur montrer qu’ils suivaient à la lettre notre bel exemple. Ouais, bof, des fois (souvent), on a un peu honte d’être blanc…

Ils nous laissent en ville et on fait tous les 3 le bilan du WE autour d’un bon resto : plus de jambes, plus de dos et demain, boulot à 08h00. Quand je rentre à Toma (il est 22h00), je trouve Emilie et Guigui au lit. Bon Emilie, c’est normal, elle a la turista, mais Guigui, lui il a vraiment passé son WE à glander. Y a une bonne semaine de taf’ qui l’attend ça lui apprendra, moi aussi d’ailleurs, avec un peut-être un autre sommet au bout…on verra combien de temps je tiens ce rythme !

8月14日

Maison hantée, Animaux surprises, et Remplissage de morgue (Guillaume)

Bonjour Bonjour !

 Bon alors après cet épisode montagnard de folie, il faut revenir à la vie de tous les jours. Laissez-moi donc vous narrer les événements trépidants, festifs et parfois funèbres, qui remplissent nos semaines de taf…Comme souvent c’est assez long, c’est pourquoi j’ai coupé le truc en 3 pour ceux qui voudraient le lire en plusieurs fois.

LA FOIRE :

Tout d’abord la semaine dernière, il y avait la foire à Huaraz. On décide de s’offrir un tour de chaises volantes. Un mec nous vend des tickets et on s’installe. Au bout de 5 min, comme le manège ne démarre pas, qu’on est que des gringos (blancs) installés, et que le mec a disparu, on commence a se demander si ces chaises sont pas « volantes » dans le sens « qui volent la tune des touristes crédules »…Et puis finalement le mec revient, installe d’autres gens, et démarre l’engin en tirant sur un truc, genre tondeuse à gazon ou tronçonneuse. Après on prie pour que ça soient pas des chaises « volantes » genre « tu vas voler sur 40 m quand le petit crochet rouillé qui te retient en haut va lâcher». Mais finalement on a bien tripé, et on avait bien tous la gerbe en descendant.

En descendant, on passe devant des baby-foot. Et là, une étincelle s’allume au fond de mon œil et dans tout mon être…Un babyyyyyyyy !!!! C’est là que je me rends compte à quel point ça me manque. Des images défilent dans ma tête en un éclair : les parties à la K-fet, les battles à Dubos avec Rhum, Baron, SimSim, Pedr, Deep Dep et Cordouz, les baby claques à Grignon complètement démontés, une finale de Grignon’s League perdue…Mais je déchante rapidement en prenant la mesure des baby péruviens, avec des joueurs en bois et une balle en plomb, injouable…On perd contre Nico et Emilie après que Jez s’est mis 4 buts tout seul…Rarement vu une quiche pareille…Pitou peut-être, lol !

Le lendemain on y retourne, et cette fois on se fait le château hanté et un truc genre plaque-inclinée-qui-tourne-et-qui-fout-la-gerbe-aussi. Le château hanté, je le raconterai encore à mes p’tits enfants tellement c’était ouf ! De dehors ça à l’air de tenir la route, ya des vampires et des Frankenstein peints sur la façade, une musique inquiétante et tout…Mais alors l’intérieur, rien que d’y repenser je rigole tout seul. Déjà on passe devant la chaîne hi-fi, donc si tu veux leur pourrir le truc t’as juste à mettre le CD de Franky Vincent qui traîne sur le meuble à côté. Et ensuite…rien. Le château est vide, ya juste un stroboscope qui clignote, des traversins accrochés aux mûrs pour faire croire qu’il y a quelqu’un, un gamin de 8 ans qui passe un bâton sur une barrière de CRS pour faire du bruit, une bonne odeur de pisse et, clou de cette attraction bien ficelée, deux mecs avec des masques de monstres qui viennent grogner et te toucher les côtes comment s’ils voulaient te faire des guilis…En les voyant on part dans un espèce de fou rire !!! Je regarde le mec en squelette qui se tortille devant moi, et c’est les larmes aux yeux que je lui dis « allez viens, on va faire une photo », et nous voila en train de poser entre un démon et un squelette, pétés de rire. A la fin le mec enlève son masque, on se sert la main en rigolant, et on sort du château « hanté ». Le frisson de ma vie !!! Oh la vache, ces péruviens sont vraiment poilants !

 Le week-end, on sort à Huaraz, où on va manger avec Nico, Auré, Rosa et les français Nico (le géant), Thierry et Marco, qu’on avait pas vu depuis la finale de foot. On finit au Tambo où avec Jez on tchatche toute la soirée avec 2 péruviennes de Lima très sympas. Jez roule sa bosse…Moi non, bien que la fille avait un certain nombre d’idées derrière la tête je pense ! Ma chérie arrive dans 15 jours quand même ! (yeeeeeeeessssss !!!!!!!!!!!). Donc je vais attendre qu’elle soit repartie, je serai plus tranquille…hi hi ! Le reste du week-end on glande pas mal…on peut pas accomplir des exploits toutes les semaines.

 LE TAF :

Bon, je vais essayer de raconter un peu mon taf sans que ça soit trop rébarbatif…Cette semaine c’était « hot saucisse » comme on dit, j’ai pas arrêté. Donc tous ceux qui ont encore dans l’idée que j’en fous pas une, je rattrape bien bien mon retard du début !

Donc je devais préparer mon champ en vue des 1ers traitements (à tous ceux qui froncent les sourcils je rappelle que je compare différents moyens de lutte contre un papillon ravageur dont les larves bouffent les fleurs et les épis du maïs -produits chimiques, bactéries, huiles, abeilles parasites…- afin de conseiller aux agriculteurs la meilleure méthode possible en terme d’équilibre « coût de production / protection de l’environnement »). Donc il a fallu séparer le champ en plusieurs blocs, pour ça couper des grandes branches avec une machette pour les planter aux 4 coins de chaque bloc et les relier avec de la ficelle, arracher des plants de maïs pour faire des chemins pour circuler, planter des petites pancartes avec les noms de chaque traitement, acheter tous les produits, faire mes petits mélanges de chimiste sur la table de l’entrée…

La journée du plantage des 65 pancartes fut l’occasion de confirmer que les péruviens ne sont JAMAIS à l’heure et vous proposent TOUJOURS des plans foireux. Déjà ce jour là j’avais rendez-vous avec l’agriculteur de mon champ le matin pour lui dire qu’il fallait qu’il se tienne prêt pour faire le 1er traitement car on avait atteint les 5% de floration féminine (l’occasion de dire que tous les matins je prend 250 plantes au hasard dans mon champ et je regarde si la fleur mâle est sortie, des fleurs femelles sont sorties…), et il m’avait posé un bon « conejo », un lapin quoi. Donc avec Lucho, ingénieur du ministère de l’agriculture, on avait été jusqu’à chez lui, ou yavait que sa femme et son gosse, 6 ans mais 12 ans d’âge mental, excellent, en moins de 2min on était super potes, mais qui en taille promet d’être aussi péruvien que son père, ce dernier battant les records avec un bon mètre quarante-cinq (sérieux, il m’arrive même pas au téton !). Bref, on a aussi été le chercher au fin fond de la montagne dans un autre champ à lui, l’occaz pour moi de faire une balade en MotoCross derrière Lucho…Il venait de partir. Lucho finit par me ramener au champ pour que je plante mes pancartes, aidé de Jez qui venait gentiment me prêter main forte, et il me dit qu’il va continuer à chercher le gars et que je dois l’attendre, qu’il revient tout de suite. Flairant l’embrouille, je lui dis « je t’attend jusqu’à 17h, pas plus ». A 18h20, il commençait à faire nuit, il pleuvait depuis 2h, donc on s’est barré…

Mercredi matin, levé 5h pour être à 6h au champ et appliquer la première vague de traitements. Dans le combi (van collectif), une veille me demande de l’aider à porter son sac, je l’attrape et le sac m’attaque en faisant côt côt côt !!! Ya qu’ici que les vieilles trimballent des poules comme ça ! Bref une fois au champ, armé de gants et d’un masque, j’ai pulvérisé pendant 3h les fleurs avec différents produits, pendant que Pedro l’agriculteur s’occupait des plantes situées entre les blocs. A un moment, je me retourne pour pschiter une fleur, et je tombe face à face avec un gros cochon !!! 2e animal surprise de la journée. Le coup de flippe, je l’avais pas entendu venir à cause du mp3…Heureusement il devait déjà avoir mangé car il a pas attaqué. Il est passé devant moi, tranquille, « surtout te gênes pas pour moi mec ». Et là j’entend des bruits de combats, des grognements de chien et des cris de porc qu’on égorge. Mais j’ai pas retrouvé le corps, donc j’en conclus (mon âme de Derrick, peut-être) que le chien s’en est sorti.

LA MORT :

Cette histoire de cochon n’est donc pas complètement dénuée d’intérêt puisqu’elle m’offre une belle transition vers le 3e et dernier sujet que je voulais aborder, les morts.

Car la faucheuse semble faire elle aussi un stage au Pérou, et les morts se succèdent à une vitesse étonnante par chez nous. On vous avait déjà parlé des 3 américains de 21 ans qui étaient morts il y a 1 mois, après que le 1er de cordée a décroché de la falaise. Et bien lundi, 2 français sont morts sur un des sommets, emportés par une avalanche, et mercredi c’était le tour d’un snowboarder suisse de perdre le contrôle de sa planche et de faire une chute de presque 400m, sous les yeux de 3 américains qui grimpaient et qui l’ont vu tomber en criant…De quoi faire froid dans le dos, d’autant plus que ce mec, on le « connaissait » ! Il était là au barbeuk de Sylviane il y a 2 semaines, et Jez l’avait croisé à Galaxia il y a 4 jours, alors qu’il s’apprêtait à partir !!! Pour finir, vendredi il y a eu un accident de combi. Luis « Hannibal – Chaillou » Quirroz, un des ingénieurs de l’ONG, a failli monter dans ce combi mais finalement au dernier moment il en a pris un autre. 50 m plus loin l’engin se crashait sur le pont, envoyant au moins 2 cadavres par le pare-brise dans la rivière en dessous…On dirait que c’était ton jour de chance, Luis…

Maman, surtout ne t’inquiète pas, on ne part jamais seuls dans la montagne (les accidents avec guide sont rarissimes), et…euh…je ne prend jamais le combi seul non plus…C’est vrai que j’ai failli y passer avec le cochon, mais je m’en suis sorti tu vois !

Pour éviter de finir sur une note trop glauque, je vous propose une petite blague. Elle est un peu salée, mais elle est bien bonne… (Oui je sais, certains d’entre vous la connaissent déjà) « - Comment est mort le capitaine Crochet ? ….- En se grattant les cou…». Merde, je me rends compte que même ma blague parle de mort, ce qui est embêtant dans les circonstances actuelles. Une autre, vite : « C’est l’histoâaaare d’un meeeec…normaaal…blanc… », non, trop longue. Il me reste les blagues sur les belges, mais Laetitia est partie le week-end dernier. Idem pour les blagues sur les blondes (la pauvre, elle est pas gâtée…). Ah j’en ai une ! « Un invité murmure à sa voisine : - Le champagne vous rend jolie - Mais, je n'en ai pas bu une seule coupe ! - Oui, mais moi j'en suis à ma dixième ! ». Voila, ça, c’est fait.

Dédicace à Emilie qui vit avec 2 mecs, dont un malade (Jez) qui passe son temps à faire des rots tonitruants…Elle a bien du courage !

8月1日

L'ascension du Pisco SUITE, ou comment un groupe de gringos ont faillit y rester (Guillaume)

En effet, l’ascension de ma cordée ne fut pas aussi idyllique que celle de Jez.

Mon groupe est composé d’un guide, Joseph (alias Chepi), pur produit made in la montagne, 1er sommet à 4 ans avec le doudou dans les bras, véritable cyborg aussi froid que les glaciers qu’il grimpe, suivi d’Emilie, qui paraît plus fraîche que la veille, puis Auré, Nico et enfin moi, dernier de cordée.

Après avoir enfilé chaussures de glace, crampons, harnais et corde, on s’engage en 1er sur la glace, dans le petit couloir qui monte à pic dans le noir tout froid là-haut…Et très rapidement, les ennuis commencent. Auré, puis Nico, déchaussent un de leurs crampons au bout de 20m, 2 fois chacun, soit 4 arrêts en moins de 5 min. On voit encore les lumières des frontales des autres en bas, et le guide n’a pas l’air pressé d’aider les amoureux à régler leur matériel…Finalement il daigne redescendre quelques mètres quand Nico pète un câble et menace de redescendre si ce put…de crampon se barre une fois de plus. On finit par repartir, et rapidement on se rend compte qu’on va en chier comme il faut, et qu’on a grimpé 50m d’altitude sur les 600 qui nous séparent encore du sommet. Comme j’ai toujours eu des problèmes de souffle et d’asthme, j’appréhende un peu. Vais-je y arriver ? Oui, il le faut. Je vais quand même pas me laisser emmerder par un gros caillou. Je branche le mp3 et j’essaie d’oublier la douleur dans ma poitrine.

 

Au bout d’une heure, on apprend au talkie-walkie que la 3e cordée composée du 3e guide, de Laurence et de Greg, patine. Laurence, la pauvre, n’arrête pas de vomir, et n’ira sûrement pas jusqu’au bout. On stoppe le convoi et on attend 25 bonnes minutes dans le noir glacial qu’ils aient opéré la jonction avec nous, afin qu’on puisse intégrer Greg à notre cordée, car lui veut continuer. Pendant ce temps là, la cordée de Jez nous double sur un bon rythme et s’enfonce plus profondément sous les flocons. Greg s’insère entre Nico et moi, et on repart. La montée est rude, très rude. Les signes d’épuisement se font rapidement sentir dans notre groupe. A combien on est ? 5200m ? Putain on a fait que 100m de glacier…Laurence et son guide nous suivent encore un peu à distance, puis font demi tour en haut du 1er gros tronçon. Désormais le guide joker est utilisé, ya plus le droit à l’erreur. Combien il reste ? 5 heures !!! Whaaaa…

 

Au fur et à mesure de la montée, les demandes d’arrêts sont de plus en plus fréquentes. Nico n’en peut plus. Emilie prend sur elle mais on voit bien qu’elle vit un calvaire. Ils s’écroulent chacun leur tour dans la neige, au bord de l’épuisement. Pas facile à gérer pour nous derrière, d’autant plus que le droïde qui nous sert de guide n’en a rien à foutre, il se contente de s’arrêter quand il y en a un qui tombe, mais ne jette même pas un regard en arrière. Il attend qu’on reparte en regardant devant lui. Avec Greg, on fait ce qu’on peut pour encourager les autres, mais j’avoue qu’en ce qui me concerne, j’utilisais autant l’air précieux de ces courtes pauses pour reprendre mon souffle que pour leur parler. Puis vient le tour d’Auré de n’en plus pouvoir. Les 2 filles sont à 2 doigts de la crise de nerfs, les larmes commencent à couler. On se demande toutes les heures si on continue, d’autant plus qu’on apprend au talkie qu’il fait un temps pourri en haut et qu’on verra rien de plus qu’ici…Aller, on peut le faire ! On va pas s’arrêter maintenant ! Greg, encore relativement frais (une bonne brute de montagne), et moi, encore relativement vivant, on pousse les autres vers l’avant. Et puis personne n’a envie de déclarer forfait et de s’avouer vaincu, alors ça se joue au mental. Je met un bonbon de plus dans ma bouche, prend une autre bouffée préventive de Ventoline, respire à fond par le nez et monte le volume…Aller, on va se le faire, quoi !

On double une autre cordée et on attaque un nouvel à-pic.

 

9h15, on aperçoit les autres, en train d’entamer la descente. Il reste 50m. En voyant les autres, les nerfs d’Emilie craquent. Allez, on va pas abandonner maintenant, on est tout près. 9h30, on arrive en haut ! Je me laisse tomber par terre, j’ai tout donné. On l’a fait. Le groupe de Jesus a remonté le dernier ptit bout pour fêter ça avec nous. Et là, on laisse éclater sa joie, on se serre tous dans les bras, on se félicite. Des soupirs de satisfaction, quelques pleurs. On prend quelques photos, on profite de la dissipation de quelques nuages pour apercevoir la route d’où on est partis la veille au matin, en tout petit tout en bas…Très impressionnant ! Greg fait l’accolade à notre guide et lui glisse en français « Et ben, tu nous auras pas beaucoup aidé, toi ! ».

Bon, c’est pas tout, mais on a encore 5h de descente…

 

Les autres partent 5 minutes avant nous, et quand on commence le descente on les trouve en train d’errer dans la neige. «On est perdus, me crie Jesus ». On voit rien et la neige efface les traces. C’est notre guide, con mais compétent, qui montre la voie, une grosse pente bien raide entre 2 crevasses de glace…Il me montre du doigt. « Toi, tu passes devant ». Et oui, comme c’est un peu dangereux, le guide doit nous assurer en plantant son piolet dans la glace pour nous retenir au cas où, et l’ordre de la cordée est inversé…Je descend doucement, en crabe comme il m’a dit, et aperçoit des trous dans la neige…C’est rien, qu’on me crie d’en haut…Ok, si tu le dis. Et ça passe effectivement sans problème.

 

On finit en bas du glacier. Pendant que je retire mes crampons, le guide me fait « elle ont pas mal souffert les filles, hein ? ». Dis donc, t’es super observateur, toi ! Reste encore un long périple à travers un paysage chaotique fait exclusivement de gros blocs de pierre. Enfin on voit apparaître la dernière crête hyper raide, dernier obstacle avant le camp ! Mais là, malheur, je pose mon sac en vitesse et m’éclipse derrière un rocher pour assouvir des besoins naturels retenus depuis 14 heures…(délicat d’aller aux toilettes quand on est encordé à 5 autres personnes…).Allez-y, je vous rejoins, c’est pas loin.

Sauf que du coup, j’ai pas pris le bon chemin. Me voilà dans une situation impossible, obligé d’escalader un mur de gravier, hyper pratique quand on est habillé pour -20°C, avec un sac de rando et des coques aux pied…Je m’épuise à grimper ça pour rejoindre le chemin, et j’enchaîne la crête complètement mort. Comme si j’avais pas fait assez d’efforts depuis 2 jours ! J’arrive au campement 30 min après les autres, dans un état déplorable. La fin d’une longue, longue, longue journée. Je crois que tout le monde a enfin réussi à dormir ce soir là…

 

Le lendemain, dimanche, levé 8h, gros petit dej avec pancake, yaourt…Et on entame la redescente finale. Autant dire que c’est « fingers in the nose », vu ce qu’on a enfilé la veille. Avec Jez et Nico, on redescend même la montagne en courant, peut-être histoire de dire à ce gros caillou « même pas crevés ! ». Et puis, qui voilà qui nous suit en courant aussi…Laetitia ! Incroyable ce qu’elle a démontré ce WE. Montée facile, descente sportive. Chapeau !

 

On reprend le combi après avoir déposé notre ami le droïde en bas du Chopicalqui, où il part retrouver Sylviane, Marco et Americo au sommet. Il part presque sans un regard.

 

Arrivés à la maison, on part direct aux bains de Monterrey faire quelques longueurs dans la piscine thermale avec toute l’équipe. L’occasion pour moi de soigner un peu ma déchirure à l’épaule qui s’est réouverte ce WE en portant le sac à dos.

 

Ensuite c’est direction Huaraz où ya la foire, en lien avec la fête nationale. On se fait un tour de chaises volantes, avec moteur de tondeuse démarré à la main, bien marrant, puis pizza chez François où on retrouve le couple de suisses. J’ai pour ma part discuté toute la soirée avec lui, on a refait le monde autour d’une bière, très sympas.

 

Bref, un week-end bien rempli, encore plein d’émotions, de dépassement de ses limites, de sublimation sportive.. Pour moi un défi personnel remporté. J’en étais capable !

L'ascension du Pisco, ou comment un groupe de gringos ont faillit y rester (Jesus)

Pour Guigui et moi, ainsi que pour tous ceux qui étaient de la partie, le samedi 29 juillet 2006 restera un grand jour. Un jour à marquer d’une pierre blanche, même d’une montagne de pierres blanches. De l’avis de chacun, personne n’avait jamais fait une telle chose, n’avait à se point repoussé ses limites, physique et morale, n’avait forcé autant sur la machine. Vous l’avez compris, ce samedi a été le jour ou nous nous sommes tous mis un énorme taquet dans l’ascension du Pisco, sommet de la Cordillère Blanche, à 5700m et des brouettes. Bon, les gens qui savent vous diront que c’est l’un des plus accessibles du Callejon de Huaylas, mais à ces mauvaises langues, je répondrai qu’on a quand même mis 950m dans la vue du Mont Blanc…de quoi faire rêver le grand frère perdu dans sa campagne périgourdine. Mais commençons depuis le début.

 

Ca débute au début de la semaine dernière quand Auré m’annonce : « Ca y est on s’est décidés, avec Nico, on fait le Pisco le WE prochain ». Je dis Banco… reste à convaincre les autres. Et c’est pas gagné au début, Emilie hésite beaucoup, « ça fait haut quand même », mais mon enthousiasme balaie bientôt les doutes de tout le monde, ouaich on est des bêtes, on va l’bouffer ce p…de sommet !!!! Sylviane l’a bien fait alors qu’elle est belge, trompettiste et qu’elle aime le punk californien… alors pourquoi pas nous ?

On se retrouve tous dans le bureau de Galaxia, notre agence fétiche, pour préparer l’expé, car bien sûr, pas question de partir dans un tel glacier sans guide…et là c’est le drame. Notre pote Alexandro, qui est d’habitude super cool et paye tout le temps des coups, nous présente une note à 3 chiffres, avec un petit $ derrière. Et mec, t’as oublié la virgule là…Mais non c’est bien 160$/personne qu’il faudra débourser, mais on réalise que le service rendu sur les trois jours est ouf : 3guides nous guident, un cuisinier nous cuisine, 2 porteurs nous portent les tentes,…Bref, c’est la montagne assistée, mais à cette altitude (le camp de base est à 4800m), on peut pas risquer la panne de réchaud ou l’oubli de la frontale. Au total on sera 10 gringos apprentis andinistes : les 6 jeunes de l’ONG (Auré, Nico, Laetitia, Emilie, Guigui et moi), Greg et Lolo que j’ai embarqués dans l’affaire et un couple de Suisses en voyage de noces depuis 14 mois à travers le monde. Vu qu’on est majoritairement français, c’est dit, on sera la Zizou Team.

 

Le grand jour arrive : le fourgon de Galaxia passe nous prendre à Toma à 08h4…heu 09h15. Tous les autre sont déjà entassés dedans, on en a encore pour 01h30 de route puis de piste défoncée pour gagner le début de la rando. Ca grimpe déjà dure pour le combi qui pénètre dans la Cordillère par la fameuse quebrada Llanganuco. On admire au passage les 2 Lagunas Llanganuco, deux grands lacs en enfilade d’une incroyable couleur turquoise, un peu la réserve de Curaçao nationale… On arrive enfin au départ, le temps de charger les mûles avec les tentes et le matos technique (crampons, piolets, coques plastique,…) et on attaque le sentier qui mène au camp de base. Au bout de 10 minutes, premiers souci. On se retourne et il manque la moitié du groupe. C’est qu’Emilie est tombée dans les pommes 50m plus bas, le début de la montée est bien raide et l’oxygène vient vite à manquer vu qu’on est déjà à plus de 4000m. Bref Emilie -« ça fait haut quand même »- n’est qu’au début d’un dur, très dur Week end. On finit par arriver au camp de base à 4800m, on fait pas trop les mariolles, vu qu’on cherche son souffle à chaque pas et que la conversation en marchant s’avère du coup un peu hachée. On est tombés dans une fracture de l’espace-temps où tout est plus lent, où les efforts s’étirent de plus en plus.

 

Le camp de base est vite installé avec une tente salle à manger et une tente cuisine s’il vous plait (on se croirait au camping les flots bleus à La Baule), sauf qu’il fait 3°C et qu’on est entourés de montagnes enneigées. Au menu ce soir : soupe, pattes bolo et postre. Il est 20h quand on finit de manger, ouahh la bonne nuit qu’y vont s’tapper !!!Tu parles, on se lève à minuit pour attaquer le sommet… Pas grand monde a réussi à dormir, on enchaîne donc les deux jours d’ascension sans aucun repos. On part à 01h00 du mat à la frontale à travers un éboulis glaciaire. Il commence à neiger,…ambiance…Bizarrement les problèmes de souffle rencontrés la veille ont complètement disparu avec la nuit. Avec Greg on galope entre les moraines en discutant de son BE, tranquille le chat, jusqu’à ce qu’on arrive après 02h30 de marche au pied du glacier. Et là ça commence à être tendu. Notre guide Lucas, s’est demmerdé comme un branque pour la répartition du matos du coup tout le monde se galère dans la neige pour mettre ses coques et trouver les crampons adaptés. Je profite de l’instant pour changer mon T-shirt trempé à cause de la montée…instant de grâce, torse-poil par –5°C à 5100m d’altitude, avec le glacier juste au-dessus de moi. Je le conseille à personne, après j’ai mis une 1/2h à enfiler mes coques tellement j’avais froid au doigts. Lolo aussi commence à être mal, elle a vomi son repas du soir, et c’est pour moi l’occasion de faire le gentleman et de lui sortir un Spasfon de derrière les fagots…classe le  beau-frère. Je prends pied sur le glacier, j’ai tellement froid que je sais plus où j’habite, et je prends place en 3ème position dans une cordée de 4. Devant, notre guide Lucas, en 2ème Laetitia et derrière moi Roland, le géant suisse globe trotter. Comme dans un rêve il nous explique comment monter et où placer son piolet par rapport à la pente. Et on attaque les 600m de dénivelée qui nous séparent de la « cumbre ». Je sors peu à peu du gaz au fur et à mesure que je me réchauffe. On marche à un bon rythme et on double finalement les autres cordées. On se retrouve dans un espace sensoriel hyper réduit. Dans la nuit sans lune, on ne voit que les pieds de celui de devant dans le halo de la frontale et on n’entend que le crissement des crampons dans la glace et le souffle de ses voisins. Et tout d’un coup, c’est l’aube, malgré les nuages, on commence à percevoir les sommets qui nous entourent et la masse titanesque du glacier sur lequel on évolue. On franchit un mur de glace de 3-4m, LA difficulté technique de l’ascension puis on enchaîne les raidillons et les pentes plus douces. On commence à se faire plus pressant auprès de Lucas, sur le temps d’ascension restant. Merde, encore une heure…, on en a plein les pattes et Roland commence à traîner derrière. Enfin, il nous annonce qu’après la pente là-bas, il reste que 100m jusqu’au sommet. Yeaaahh !!!! 10 min plus tard, ça y est on y est, on rejoint d’autres cordées au sommet. Il est 09h00 et pile au bon moment, le vent dégage la vue sur le reste de la cordillère : Huandoy, Chopicalqui et Huascaran apparaissent furtivement dans la lumière matinale. Ma première pensée va à Valéry, qui ai aurait bien sûr adorer faire ça avec nous et aurait goûter avec un plaisir immense ce pur paysage de pics et de grêtes. Lucas en profite pour appeler au talkie-walkie Sylvianne, Marco et Americo qui se trouvent au même moment sur le Chopicalqui, le 2ème sommet du Pérou, là-bas en face de nous. La chef belge a l’air de bien en chier dans les couloirs de glace à 60° , bien fait, elle a qu’à pas nous appeler les « students ». Le temps d’avaler un morceau, on hésite un peu à attendre le reste de la Zizou Team, dont on est sans nouvelles depuis l’entame du glacier. Au bout d’un ¼ d’heure on commence la redescente. A peine 30m plus bas, on croise enfin le reste de l’équipe…enfin plutôt les restes de l’équipe, vu l’état de décomposition  de nos copains. Lolo a renoncé à l’ascension à la moitié du glacier et est redescendue avec un des guides. Seuls Greg et Guigui ont l’air d’avoir tous leurs moyens physique et mentaux et assistent à la crise de nerfs et de fatigue d’Emilie qui est aux bord du gouffre, en larmes, prête à abandonner à 100m de la délivrance. Auré et Nico ne valent pas beaucoup mieux, complètement perclus de fatigue qu’ils sont.

Le voyage à Lima (Guillaume)

En fait je me rend compte qu’on a rien écrit depuis l’arrivée d’Emilie…Moi je dis ça je dis rien. Mais vous savez désormais à qui adresser vos blâmes.

Donc, les évènements remontent à un certain temps maintenant…

 

D’abord l’arrivée d’Emilie, il y a deux semaines, qui a mis un peu de neuf dans notre maisonnée. Le lendemain, dimanche, visite du musée archéologique de Huaraz et après-midi à Huanchac, joli lieu plein de gros blocs de pierre propices à l’escalade. Enfin tout ça, c’était pour les 3 gugusses, moi j’étais cloué au lit…Et oui, même après un mois, on est pas à l’abris d’une bonne chia…Heureusement ça n’a duré qu’une journée.

Lundi 1er jour de travail pour Emilie, qui rencontre toute l’équipe. Elle apprend notamment qu’elle va surtout travailler avec Pedro « Futé – Pot de colle » Delgado, la pauvre…Car il faut savoir que Pedro a arrêté de nous saouler depuis qu’on l’a un peu remis à sa place en lui expliquant gentiment les quelques trucs relous, genre qu’on comprenait très bien ce qu’il disait et que c’était pas la peine de répéter 12 fois chaque mot, plus 5 fois en anglais…Enfin bon, au moins il nous harcèle plus pour qu’on dorme au bureau avec lui.

 

Le mercredi soir, on part à Lima avec Jez et Laetitia. Avec Jesus, on doit faire des recherches pour nos études, quant à Laetitia, elle vient pour…euh…pour quoi faire ? Bonne question…Enfin elle vient avec nous, quoi.

On arrive au bureau d’ADG (là où on doit loger) vers 5h du mat. Il n’y a plus qu’un lit de libre, alors on fait les sardines à 3 durant les 2 heures qui nous séparent de l’entretien avec le boss de l’ONG à l’échelle de toute l’Amérique du Sud. On débarque avec des vraies tronches de déterrés…Bien, les students (surnom qui nous a été attribué par Sylviane, notre chef belge à Carhuaz) !!!

 

Avec Jez, on enchaîne deux jours d’entretiens avec des spécialistes, de recherches à la bibliothèque de l’université de la Molina…Mon projet prend forme de plus en plus vite, de nouveaux problèmes se posent, ce qui est bon signe…Bref, nos journées sont vraiment bien remplies. C’est le docteur Camarena lui-même (le président de la 2e ONG qui nous chapeaute) qui nous trimballe de lieux en lieux, et sa présence est parfois indispensable pour nous faire rentrer. Par exemple au CENESA, département d’agriculture du ministère, où on passe devant 5 vigiles et un détecteur de métaux avant de voir les 2 ingénieurs qui nous expliquent qu’ils ne travaillent pas sur le maïs, qu’ils ne font pas d’expérimentations, et que donc ils n’ont rien à nous dire, mais que si on a besoin de quoi que ce soit…Merci les mecs, c’était bien la peine de venir vous chercher dans votre bunker ! On rend aussi visite à toute l’équipe du département Entomologie de l’université, et ils n’hésitent pas à nous consacrer toute leur après-midi, à discuter notamment de ce que je veux faire comme expériences, de comment je dois m’y prendre, des outils statistiques, du matériel nécessaire à Jesus pour ses captures…Ils nous invitent à prendre café et gâteau maison en fin d’après-midi pour fêter l’anniversaire de l’un d’entre eux, et nous proposent même de venir avec eux à une conférence un peu plus tard…Bref, ils sont tellement accueillant que c’est tout juste s’ils ne nous proposent pas de dormir dans leur bureau…Vous connaîtriez pas un certain Pedro Delgado, vous ?

Sinon pendant le repas du midi avec le vénérable Dr Camarena, un petit blanc s’installe. Pour faire la conversation, je lui demande s’il a des enfants…  « Plus maintenant. J’en avait 5, mais 4 sont morts en jeune âge d’une maladie, et le dernier est mort il y a 2 ans d’une leucémie…On a tout fait pour le sauver, même des méthodes européennes, mais ça n’a rien changé ». GLOUP ! La boulette…Digne d’un François Pignon, ce Guigui. Je cherche désespérément une voie de sortie, mais bien sûr il n’y en a pas. « Désolé… ». Avec Jez, on retourne à la contemplation de notre poulet…

Entre ces journées studieuses, on notera deux soirées excellentes.

 

La 1ere composée d’un repas fort sympathique dans une pizzeria brésilienne (sisi, ça existe) avec Jez, Laetitia, Auré (qui a du rester quelques jours de plus à Lima pour des problèmes de dents), Greg le frère de Jez, et son amie Laurence. Repas très sympas même si on n’entendait pas ce que disait son voisin à cause des 5 brésiliens bourrés qui regardaient le match d’un de leurs clubs. Normal, leur équipe nationale ne valant plus rien, ils mettent tous leurs espoirs sur les clubs ! Ensuite Jez raccompagne ses proches au bus pour Huaraz, et on se met en quête d’une boîte. Elles sont toutes vides, on est en pleine semaine…Alors on danse tous seuls dans notre coin, comme des bons gringos. Mais petit à petit, ça se remplit. Au retour, on monte une mission « carottage de drapeau péruvien » avec Jesus. En effet, la fête nationale approche, et chaque maison arbore fièrement le drapeau national. Finalement je décolle une rosace rouge et blanche d’un plafond et Jez escalade un toit pour choper un drapeau. On rentre à 3h, bien comme il faut, et moi je vais faire un tour sur Internet, parler aux 4 coins du monde. Résultat, couché à 5h30, et une bonne tête de vainqueur le lendemain.

 

La seconde soirée, le jeudi soir, je pourrais en parler des heures, mais je vais essayer d’être concis. Il s’agissait d’un spectacle de percussions en tous genres. Les mecs tapaient sur tout et m’importe quoi, des objets de la vie courante péruvienne (jarres en terre cuite, carcasses de voitures et combis, pneus, boites de quête d’église…), faisaient des claquettes et dansaient dans tous les sens…Tous ça dans un mise en scène formidable, hypeeeer marrante, et pleine de clins d’œil à la vie péruvienne. Tout le monde en prenait pour son grade, footballeurs, conducteurs et rabatteurs de combis, religieux…On était pliés et émerveillées du début à la fin !!! INCROYABLE. Exemple d’une scène où ils reconstituaient un match de foot à 2 contre 2, en mimant tout et bruitant les actions en faisant des claquettes, avec les supporters derrières qui tapaient sur pleins de trucs. Ils n’ont pas pu s’empêcher de mimer le coup de boule de Zizou, et toute la salle a éclaté de rire. On était bouche bée.

Bref un des spectacles les plus épatant que j’ai jamais vu, tout ça pour 20 soles (5 euros !). Laetitia et Aurélia partent tout de suite après, elles doivent rentrer à Huaraz. On se fait donc un petit restau chinois en tête à tête avec Jez et on rentre à pied, traversant tout le quartier de Miraflores. Le lendemain, Jez retourne à la Molina pour acheter son matériel, pendant que je fais 2h de trajet en car direction l’INIA de Huaral, où je dois récupérer une méthodologie pour mes travaux. Malheureusement, elle n’y était pas du tout, mais plutôt à Lima…Ahhh, là où j’étais tout à l’heure et où j’ai plus le temps de retourner… ? D’accord…Sur place je retrouve Sylviane et Christian « Barracuda », venus acheter des Cuyes (prononcer « Couille », ces petits cochons d’inde qu’on mange ici), pour lancer quelques agriculteurs dans ce business. Comme quoi, on peut vivre de ses cuyes…Bref, j’ai perdu ma journée mais je suis rentré avec le pick-up de l’ONG, et j’ai pu admirer la route Lima-Huaraz, très belle.

 

Le vendredi soir, on va au Tambo avec les mecs de Galaxia, histoire de montrer les lieux à Emilie…Samedi c’est barbeuk chez Sylviane avec les mêmes que la veille au soir, pour fêter son départ (elle rentre en Belgique bientôt). A noter la présence d’un groupe de trekkers finlandais, accompagnés de leurs « brincheras », les chasseuses de blancs, qui draguent les gringos dans l’espoir de se faire payer des trucs, voire au mieux de se marrier…Détail rigolo, une des deux filles est celle qui m’avait suivi partout lors de notre 1ère soirée en boîte ! Bref, les mecs se les passent, et c’est limite si ça ne tourne pas à l’orgie sur le canapé de Sylviane. Glauque…

Après cette après-midi fort sympathique, on retourne au Tambo, et Emilie chope dès son 2e soir !!! Un canado-péruvien répondant au doux nom de Daniel…Elle s’est bien fait chambrer par la suite !

 

Anecdote pseudo inquiétante…Le vendredi on rentre à la maison et on trouve la serrure a moitié fracturée…Rien ne manque pourtant à l’intérieur, les 3 ordis portables sont toujours là. On laisse passer, mais du coup le lendemain on arrive plus à ouvrir la porte, et on se retrouve à la rue…Jez et moi on dort chez Auré et Nico, et les filles chez Sylviane. Le dimanche, c’est la porte de derrière qu’on retrouve fracturée, de la même façon, et toujours rien de volé !!! On reste perplexes. A ces 2 évènements bizarres on peut aussi rajouter une coupure d’électricité vendredi (comme par hasard pendant mon shampooing !!! grrr), et le boîtier électrique à l’extérieur de la maison retrouvé fortuitement ouvert…Bref, les motivations des fautifs restent floues, et plus rien depuis.

 

La semaine qui a suivit (la semaine dernière) fut studieuse et sans intérêt particulier, faite uniquement des préparatifs pour notre ascension du Pisco, sommet de la cordillère s’élevant à non moins de 5752m…

 

A ce sujet par contre, il y a un certain nombre de choses à raconter !!!

7月31日

Desolé du retard (Guillaume)

Salut tout le monde !
Ne vous rejouissez pas trop vite, ceci n'est pas un vrai billet....
On sait qu'on manque a nos devoirs, que ca fait bien 2 semaines qu'on a rien écrit, nous qui vous avions habitué à des news régulières...Mais nous avons été tres occupés, une semaine a Lima, une autre pleine de taf, ce WE l'ascension du sommet le Pisco, 5752m, pas un de moins ! Une sacrée épopée, ce Pisco...3 jours de marche. Le deuxième jour départ à 1h du mat sous la neige, à la lumière des lampes frontales sans avoir dormi, 8h30 de montée en cordées, avec chaussures de glace, crampons, piolets, harnais et tout le tralala...On a vraiment faillit en perdre plusieurs dans l'affaire mais finalement on a presque tous fini en haut.
On vous racontera tout ça en détail le plus vite possible, c'est promis !
En attendant on vous demande d'etre encore un peu patients et on vous embrasse.
A bientot
 
7月17日

Le mystère de l'anti-chaudière (Guillaume)

Coucou les loulous !

 

Voilà, encore une semaine qui s’achève. Celle-ci fut notamment marquée par la résolution d’une énigme qui allait par la suite nous rendre la vie plus belle. En effet, il nous était arrivé une fois ou deux d’avoir de l’eau quasi-chaude à la maison, mais au bout de quelques minutes (parfois quelques secondes) elle redevenait glaciale, sans trop savoir pourquoi…Et l’autre jour, après manger, j’allume…Chaude !!! Je me déshabille en speed et fonce. Au bout de 3 min, Bam, j’me prend de l’eau froide. Et puis je réalise que dans la cuisine, Laetitia vient de finir la vaisselle. Mon esprit vif d’élève-ingénieur ne met pas longtemps à connecter 2-3 neurones pour faire le rapprochement…Du fond de ma douche, je demande à Laetitia de refaire couler de l’eau froide dans la cuisine, et miracle, l’eau redevient chauuude !!! D’aucuns disent qu’ainsi fut découverte la 1ere « anti-chaudière » de l’histoire de l’humanité. D’habitude quand on pompe de l’eau chaude dans une pièce ça enlève du chaud ailleurs…Ici, quand tu tires de l’eau froide, ça enlève du froid dans les autres pièces ! Peut-être une autre conséquence de l’effet Coriolis (le truc qui fait que dans l’hémisphère sud, tout marche à l’envers, genre le sens de rotation des fluides dans un tourbillon, ect.).

Bref maintenant y en a un qui peut prendre une douche chaude pendant qu’un autre fait la vaisselle !

 

Hier, 14 juillet. Déçus (enfin surtout moi !) de ne finalement pas aller avec les autres français à Lima pour la grande réception de Mr l’ambassadeur de France (qui invite tous les français à une grosse chouille avec un buffet et sûrement plein d’énormes pyramides de Ferrero rochers), on se dit qu’on va quand même fêter ça. On va donc à Huaraz, au restau chez Patrick, et on invite Rosa à venir avec nous. Repas vraiment super sympas, agrémenté d’une bouteille de liqueur de Coca (celle à 40°, pas d’inquiétude !), qu’on se siffle pratiquement à deux avec Jez…On finit à 23h30 et on file direct au Tambo, notre boîte habituelle.

On y retrouve Sylviane (notre chef belge), avec son copain Marco (un péruvien qui tient une boîte de rando, un des mecs les plus respecté de Huaraz) et des potes à eux. Et surprise, qui j’aperçois ? La meuf de Jez de ya 2 semaines…J’essaye de les faire redanser ensemble, mais finalement Mr n’a plus trop la motiv. Il s’est aussi fait brancher par la chef des gringas (celle qui présente toutes ses copines à tout le monde), qui finit par lui demander d’aller s’asseoir pour discuter…Au bout de 10 min sans rien dire, il se lève et va danser. Le truc marrant, c’est qu’elle m’avait fait exactement le même coup ya deux semaines, et que pareil jme faisait chier alors je l’avais plantée sur son banc.

Moi j’ai pas mal discuté dehors avec une bande de péruviens. On tripait bien jusqu’à ce que yen ait un qui me demande de la tune…J’ai commencé à m’énerver et à dire à part au plus sympas, celui avec lequel j’avais le plus parlé, que j’étais là pour discuter avec du monde et créer des interactions entre français et péruviens, et que si ils sont cool avec moi pour me demander de l’argent, c’est pas la peine. Il me répond qu’il apprécie ma vision des choses et que l’autre est un connard, que je suis un mec bien et tout…Finalement, je fait rentrer lui et un autre gars sincère dans la boîte en disant qu’ils sont avec moi, je leur montre Laetitia (hihi)…Ils se battaient presque pour danser avec elle !

Jez a aussi branché le frère de Marco, Aldo, sur Laetitia. Il l’a suivi toute la soirée, en buvant bière sur bière, pour patienter ou se donner du courage, je sais pas. Le résultat c’est qu’il s’est mis chiffon-carpette, qu’il a repeint les chiottes, et qu’on l’a ramené en taxi jusqu’à chez lui…Même devant sa porte on avait peur qu’il trouve pas son chemin, un vrai zombie !

On rentre pour 15 soles, nouveau record, incroyable ! Plus je suis bourré et mieux je négocie. Dans le taxi je m’endors comme un bébé, affalé sur Jésus. La tête dans son nouveau pull en poil d’alpaga (genre lama), j’étais bieeeen ! Le chauffeur a dû nous prendre pour des tatas mais bon. Je file direct jusqu’à mon duvet pendant que Jez mange et prend une douche. Il est 06h00 du mat et le ciel commence à bleuir.

 

J’ai oublié de mentionner qu’hier avant d’aller au resto, j’ai enfin pris mon courage à deux mains et suis aller chez le coiffeur. Ici, yen a pour à peu près 1 euro, alors j’avais peur que la prestation soit proportionnelle au prix. Je m’assoie sur la chaise, un mec de mon âge me fout une cape rose sur les épaules. Respire, mec, respire…J’avais amené une photo de moi avec les cheveux courts pour pas prendre de risques…Le mec dit qu’il peut le faire. Ok on y va. Ici pas de shampooing, on te fout du pchit sur la tronche, comme quand on arrose ses plantes. Une seule sorte de ciseaux bien sûr, comme quand on fait du découpage à la maternelle…Et puis finalement ça va. C’est pas trooop moche, et puis le gars était super sympas, 21 ans aussi, on a pas mal discuté. Quand je sors il fait déjà nuit. Je vais rejoindre les 2 autres à l’agence de Marco et Aldo, car ils voulaient grimper un peu pendant ce temps là (ya un ptit mûr d’escalade). Sur le chemin je croise un des guides de l’agence, le boss des boss de toute la ville, qui se barre avec tout son barda direction l’Alpamayo, gros sommet du coin, pour secourir un français blessé dans la montagne. C’est aussi lui qui a été cherché les corps des 3 américains de 20 à 22 ans qui sont morts la semaine dernière. Il doit avoir un mental solide…Aurélia m’a dit que c’était le meilleur guide de haute montagne mais qu’il était bourré les ¾ du temps. Il est peut-être pas si solide que ça…

 

Finalement Emilie n’est pas arrivée ce matin à 5h du mat à Huaraz. On avait prévu d’aller la récupérer en sortant de boîte mais son avion avait du retard. Elle devait  arriver ce soir vers 19-20h mais il est déjà 21h et rien...

 

Sinon aujourd’hui levé tardif et foot. Au début on propose à 3 mecs de jouer avec nous, et au final tous les gars du bled se sont ramenés. Ici la coutume est de parier de l’argent pour les matchs de foot. Au début on est moyen chauds, mais 50 centimes par personnes c’est pas grand-chose. On gagne 3-2. Après deux matchs et 1h30 de jeux, on arrête car il fait presque nuit noire. Les mecs nous payent un coup vu qu’ils ont perdu. Au final 4 L de bière à 5, tout ça dans 3 verres. Ici la coutume c’est de boire dans le même verre chacun son tour. Après la soirée d’hier et le foot, c’est un peu violent pour l’estomac mais c’est convivial et aujourd’hui on peut dire qu’on s’est enfin fait des potes dans le village. On dira ce qu’on voudra, mais le foot rapproche les hommes…

7月13日

Quand Frankie rencontre Laeti... (Jesus)

Bichoure à tous

 

Quoi de neuf depuis le coup d’boule de Zizou ? Et beh pas grand-chose, le train-train du bureau, et des sorties d’entomo pour moi,…Ah si, Guigui a commencé à bosser et surprise il y prend goût et s’est même aperçu qu’il avait pas mal de taf. Ca m’a fait chaud au cœur de le voir faire des heures sup dans notre boui-boui de Toma devant son ordi pour finir un truc commencé entre deux conversations MSN…maintenant c’est une vraie machine de guerre qui est lancée, il avale le travaille comme d’autres (italiens) leur sternum…m’ouais on n’est quand même pas près d’arriver les premier à l’ONG le matin.

Il est pas non plus encore près de m’accompagner pour un séance nocturne de capture d’insectes dans son propre champ (c’était hier soir). C’est donc la brave Laetitia qui s’y colle et m’aide à transporter tout le barda là-bas. Déjà, on n’a pas l’air con dans le combi bondé avec une perche de 2m, une boîte en carton customisée en piège de lumière par mes soins (non, non, ce n’est pas la dernière arme de Ghostbusters contre les fantômes), sans compter le filet à papillons,…Là-bas, bonne nouvelle, ils viennent d’irriguer donc au patauge dans la boue pour installer le piège. On attend une heure 1/2 au clair de lune, j’en profite pour mettre la pige à Laetitia au jeu des capitales et on va relever le piège…franc succès : 3 papillons à peu près intéressants, le reste est bon à jeter. Bon beh ma boîte me parait améliorable ; l’ambiance se gâte franchement quand on veut retourner à Toma : il est 22h00, on est paumé entre 2 p’tit bleds du Callejon, à 15 bornes de la maison et on attend un taxi. Au bout de 5 minutes on commence à marcher histoire de se réchauffer (et oui ça fait deux heures qu’on est dehors dans la nuit!), et là… les chiens. On a beau savoir qu’il suffit de se baisser et faire semblant de ramasser une caillasse pour les voir reculer de 10m, ils sont quand même un bon paquet. On rebrousse chemin, donc dans la direction opposée à Toma, juste histoire de se rapprocher des lumières du bled d’à côté. Et toujours aucune voiture sur cette putain de route. On commence à s’imaginer les 2 gringos grelottant, crevant la dalle, avec leur filet à papillon et leur plant de maïs (ah oui j’ai oublié de dire qu’on a trouvé un plant de maïs attaqué par une chenille donc j’ai décidé de le ramener dans une poche en plastique pour le replanter à l’ONG) qui toquent à une p’tite maison péruvienne, « bonsoir, ce soir on dors chez vous ! » On cogite comme ça pendant une bonne ½ heure quand enfin LE dernier taxi qui traversait le Callejon pointe le bout de ses phares. Je trouve encore le moyen de négocier mais franchement j’aurais accepté le prix fort. En arrivant, on trouve Guigui au lit qui s’est endormi sur Da Vinci Code, je noie donc mon amertume dans une bonne bouteille de Pilsen, « la cerveza más cerveza ». Ca change rien mais ça soulage !

 

Sinon la semaine a été marquée par l’idylle numérique naissante entre Laetitia et un jeune péruvien répondant au doux nom de Frank, Frankie pour les intimes. Reprenons du début. Lors de la folle aprèm suivant les demi-finales, on s’était retrouvés dans un resto français à boire du vin rouge. C’est le moment où Laeti rencontre Frankie. Frankie est un pote péruvien d’Antoine, vous savez, l’étudiant en commerce au grand cœur. Pendant que tout le monde commence à parler fort, Laeti et Frankie restent en tête à tête à leur table à discuter pendant 2 bonnes heures ; c’est l’occasion pour notre amie belge d’enrichir son vocabulaire…La soirée se passe, on perd Frankie dans la tourmente…pour l’instant.

 

Nous voilà à la finale tant attendue ; parmi les Français réunis, Antoine est là mais surprise, point de Frankie. Qu’à cela ne tienne, Antoine est chargé d’un mot doux à l’adresse de Laeti. Et là, ô surprise, griffonnées à la va-vite, les paroles de « You’re Beautiful » de ce bon vieux James Blunt. C’est d’un goût…Mais Laeti semble décontenancée par ces mots lourds de sens… You’re Beautiful, It’s true… 

 

Passent les jours.

 

Hier mardi, Frankie-le-poête se connecte sur MSN et rentre en communication avec Guigui, qui faisait une petite pause dans son labeur acharné. Fini les billet doux obsolètes, place à du gros lourd : la drague sur MSN (d’aucun ont essayé et ça a plutôt bien marché, n’est-ce pas Paul). Et voilà Guigui transformé en intermédiaire entre un Frankie chaud bouillant derrrière son ordi et une Laeti dont on ne sait le fond des sentiments et qui bosse, innocente, dans le bureau d’à côté. Bien sûr Guigui me dit « viens on va rigoler » et on commence à raconter à Frankie « Ouiiiiiiiii, elle pense pas mal à tooooiiiiiiiii… », la pression monte à l’autre bout d’MSN, il veut son adresse Hotmail et tout et tout.. On finit pas appeler Laetitia pour parler directement avec Frankie qui bouillonne hormonalement de l’autre côté de son écran que s’en est un peu gênnat. Pas de bol, Laeti non seulement n’a pas d’adresse Hotmail mais n’est pas Hot tout court. Elle réagit en jeune vierge effarouchée aux méthodes pour le moins directes de Frankie et rejette ses avances tout de go. Problème, le Castillan de Laeti ne lui permet pas de répondre à Frankie et c’est donc Guigui qui fait la traduction de « Mais on peux être amis quand même tu sais » et qui rentre dans le rôle inédit d’une nana harcelée. Je suis plié à mon bureau en écoutant Laeti qui taille en deux le pauvre Frankie (« Non mais je préfère qu’il se fasse pas d’illusions ») et Guigui qui assaisonne ça à la sauce espagnole : « priefiero ser claro contigo desde ahora para que no tengas illusiones » et l’autre qui renchérit sur les poèmes à l’eau de rose en anglais ou en espagnol indifféremment :

 

My life is brilliant.

My love is pure.

I saw an angel.

Of that I'm sure.

 

Para mi eres la chica mas dulce ,linda y hermosa

Tu amor y cariño lo conquitare con una  rosa

 

Un grand moment d’émotion en tout cas! (comme dirait Nikos Aliagas). En tous cas avec des méthodes pareilles, le pauvre Frankie est pas prêt de trouver gringa à son pied…(hum, enfin à son pied…)

 

Après cette bouffée de pur romantisme il faut s’en retourner au travail. Au programme pour les jours qui viennent : Emilie débarque samedi matin à Carhuaz pour 5 mois de stage avec nous, Greg et Laurence arrivent à Lima mardi pour leur vacances chez le p’tit frère et nous (Guigui, Laetitia et moi) devons aller à Lima Mercredi et jeudi pour chercher de la doc à l’université d’agronomie de la Molina.

 

Vous l’aurez compris, voilà une semaine à venir qui s’annonce donc riche en émotions, comme toute celles que nous passons ensemble, finalement, cher public adoré.

Bien à vous

 

PS1 : Emilie, on te prépare une bonne bouffe bien péruvienne pour ton arrivée

PS2 : Greg et Lolo, oubliez pas le gâteau au yaourt de maman !

7月10日

Mon Dieux queeel week-end !!! (Guillaume)

Ahhh les amis…laissez-moi vous conter l’histoire du « week-end de la finale », dit le « WEF ». Car cette « fin de semana » comme on dit ici fut particulièrement riche en expériences, rencontres, émotions et courbatures.

 

Tout a commencer samedi matin par un lever un peu tardif, aussitôt suivi d’un barbeuk chez Auré et Nico, en compagnie de toute la troupe franco-québécoise. Repas super sympas à l’ombre des arbres. Quelques chevaux paissent non loin de là. On a même droit à des p’tits jus maison mangue-banane… L’occasion aussi de rencontrer la mère de Marco, l’anthropologue la plus réputée de la cordillère blanche, qui a déjà publié un bouquin sur les communautés de la région. Une dame très gentille et bien entendu très intéressante.

 

Une fois le ventre bien rempli, c’est pas tout mais il est temps d’aller chercher les chevaux…Et oui, vous l’avez deviné : on a fait une rando à cheval !!!

Tout le monde est au rdv, sauf Marco, sa mère, et Nico le « géant cocasse ». Ce dernier aurait de toute façon probablement dû porter son cheval au bout de 500m vu son gabarit (je rappelle qu’Alex, le « bûcheron des grands lacs », fait petit à côté…).

Ainsi, chacun des 8 cow-boys (ou call-girls…euh cow-girls) se voient attribués un fier destrier (ou destrière) :

Nico (le petit) hérite du cheval le plus pourri, « Cannelle » (comme l’ours), et fera donc la balade derrière tout le monde, essayant de passer la seconde sur son canasson léthargique.

Mélanie (la québécoise, nouvelle copine du bûcheron…C’est bon vous suivez ?), monte sur le plus grand étalon (pas Alex…), qui est aussi le cheval le plus méchant de tout l’hémisphère Sud : dès qu’un autre cheval commence à le doubler, il lui met un bon gros coup de sabot dans la tronche.

Jésus hérite de la femelle de l’étalon sanguinaire (c’est donc le seul à ne pas avoir encaissé de ruade). Ces deux là se trimballent un poulain qui trottinera derrière sa mère pendant toute la balade.

Le cheval d’Alex passe dans la catégorie poney une fois que celui-ci lui a grimpé dessus. Les chevaux de Thierry, Auré et Laetitia sont quelconques.

Quant à moi, sur mon cheval blanc, j’imagine que je suis un prince charmant…(soupir). Ici, pas de dragon à tuer pour atteindre sa belle…Seulement 10200 km...Alors, comme je suis un prince super charmant mais un peu feignant, j’ai envoyé un mail à ma princesse et lui ai dit que ça serait mieux que ce soit elle qui vienne…Elle a dit d’accord ! Une 1ère dans un conte de fées…

 

Une fois que tout le monde est prêt, le convoi se met en branle, et on a à peine fait 100m qu’on s’élance au galop ! Grisant ! Moi et mon pote Joly Jumper (je comprenais pas son nom péruvien alors je l’ai rebaptisé), les crinières dans le vent, on sent tout de suite qu’on va bien s’entendre, même s’il manque de m’émasculer à plusieurs reprises. On comprend tous assez vite que le galop ça fait moins mal au cul que le trot. Alors on alterne entre les phases de pas où on savoure le calme et les paysages, et les chevauchées débridées, le tout en mettant un gros coup de frein à main dès qu’on commence à doubler Mélanie, histoire d’éviter le courroux de son cerbère équin.

Petite pause devant un panorama somptueux, l’occasion pour Mélanie de se casser la gueule en descendant de cheval, et puis on repart. En tout 2h de balade au lieu des 3h prévues initialement. Sur les derniers 50m, tout le monde paye son galop, histoire de profiter une dernière fois. Histoire aussi d’arriver genre « ouaiiiis, on a chevauché comme des bêtes pendant 4h… ». Tout le monde a plus ou moins mal partout, mais tout le monde est content. Un excellent souvenir.

Après s’être posé un peu, on décide de rentrer. Soirée pépère à la maison, puisqu’il était initialement prévu de faire une grosse chouille le lendemain pour fêter la victoire de la France…Quand j’y repense, je suis vert…

 

 

Dimanche matin lever tranquille. On a rendez-vous avec les autres aux bains thermaux de Monterrey, le bled où on doit voir ensuite le match, dans la maison de Patrick (le propriétaire de la crêperie). Ne voyant pas les autres, on y va tous les 3. Après 15 min d’attente, on nous amène dans une pièce avec une grosse baignoire pour 3 personnes. Le mec ouvre le robinet, l’eau est marron et quasi-brûlante…La plus belle chose qui pouvait m’arriver, de l’eau chauuuuuuude !!! On récupère en un coup tous les degrés qui nous ont manqué lors de chacune de nos douches. Pour nos courbatures du cheval c’est le pied aussi. On a droit à 30min. Avec Jez, on se fait un remake du sketch de Groland sur « Vedettes de star », la scène du jacuzzi, ça nous fait beaucoup rire. Puis on sort, vidés.

 

On redescend le rue jusqu’à chez Patrick, où on retrouve les autres, ainsi que d’autres français encore, et 3-4 italiens...Grrrr…Le match commence un quart d’heure plus tard.

9e minute, c’est la folie ! Comme dit la chanson « zizou il a marquéééé, zizou il a marquééé… ». On attend pas bien longtemps avant de s’en bouffer un. Bref, je ne vous raconte pas le match vous l’avez vu comme moi. Je ne vous dirai donc pas comment, après une mi-temps et des prolongations de mamouuuth avec une ultradomination française, on se fait lamentablement niquer aux penalties, avec un putain de tir de Trézeguet sur la barre qui rebondit à DEUUUUUX cm de la ligne blanche…On parlera encore moins du geste plus que lamentable de Zizou…Quoique que lui ait dit ce trou du c… de rital de m…, c’est vraiment dommage de faire une chose pareille, surtout lors d’une finale de coupe du monde, quand c’est son dernier match officiel et que l’on est, en plus d’un professionnel, l’idole de millions de gamins à travers le monde…Enfin, n’empêche qu’il lui a bien fait ravaler son plexus, à l’autre spaghetti…Euh, bref. C’est donc ultra dépités qu’on assiste aux cabrioles de nos voisins transalpins, cette vieille équipe de simulateurs bouffeurs de parmesan que je pouvais déjà pas blairer avant à cause de leur esprit de merde.

On fait ensuite un ptit foot avec les jeunes présents, et on se bouge à Huaraz (on monte à 7 à l’arrière d’un pick-up…trop marrant) pour bouffer dans un restau duquel tout le monde est ressorti plus ou moins mécontent : trop long, cher pour ce que c’était, le mec voulait pas offrir quelques Pisco à la fin malgré qu’on était venus manger à 15, et le bordel des comptes à la fin, genre « qui a pas payé… ». J’ai quand même bouffé en face du champion du monde de Base Jump, vous savez les mecs qui sautent des falaises avec un petit parachute. « Alors comme ça t’es complètement barré… ? ». J’lui ai même serré la main à la fin, la classe.

 

Là on est rentrés à la maison, il est 2h du mat. Jésus, fidéle à son habitude, ronfle, et une nouvelle semaine de taf (la 4e déjà !) se profile à l’horizon…

Zidane y va marquer ! (Jesus puis Guillaume)

Salut la compagnie !

 

Après quelques jours d’absence, nous reprenons du service pour vous raconter, à vous, public adoré sans cesse plus nombreux, nos pérégrinations au Pays des lamas. Pour la première fois, nous vous proposons un billet à 4 mains, non pas que ce soit plus rapide à taper, mais la densité de nos aventures requiert pour cette fois le concours de nos deux plumes. Et moi j’arrête de faire des phrases aussi belles.

 

Je profite d’avoir la parole en premier pour rassurer mes proches quant à ma santé mentale : je vie une relation épanouie avec de nombreux insectes (coléoptères, lépidoptères, hélicoptères,…) mais elle reste néanmoins très saine. Je m’inquiète en revanche de la relation conflictuelle que Guigui entretient avec notre douche (je vous rappelle quelle est toujours froide et qu’on prend le jus à chaque fois qu’on touche le robinet)…maintenant il sort jamais sans sa serviette des fois qu’il pourrait squatter une douche (même tiède) chez quelqu’un.

 

On en était donc au moment où la France était qualifiée pour les demi-finales…ce sursaut de fièvre patriotique nous pousse au resto El Horno avec la fine fleur francophone de Huaraz. On retrouve bien sûr Nico, à table avec une douzaine de bons vivants, chacun devant sa bière et sa pizza…On regarde le match peinard, on voit sereinement Titi simuler dans la surface, on note au passage la performance de Louis Saha qui a pas raté son mondial (2 fois 10min de jeu et blam 2 cartons, tu joueras pas la finale)…et on recommence à respirer quand l’arbitre siffle la fin du match. Il est 16h00 quand on sort du bar, le temps de traverser Huaraz en brandissant un drapeau français au milieu de l’avenue, de foutre le bordel dans le trafic, (rassure-toi Papa, j’ai quand même pas chanté la Marseillaise) et on se retrouve dans un autre resto français à boire du vin rouge et manger du fromage, fond sonore « Riquita jolie fleur de java », des photos de Paris sur les murs,…bonjour l’exotisme. A mesure que nos lèvres noircissent, on fait la connaissance de nos nouveaux amis :

 

Thierry et Nicolas (ne pas confondre avec le copain d’Auré): actuellement en thèse d’anthropologie, ils partagent un appart à Huaraz et sortent de l’Ecole des Hautes Etudes en Sciences Sociales. Des grosses tronches. Thierry donne toujours l’impression de sortir du bureau ; Nicolas a le physique de Requin dans James Bond (2m de haut, 2m de large), sans les dents en acier mais avec un débit de conneries hallucinant.

 

Alex, le faux québécois de service, qui est en fait français, et qui a passé 2 ans outre-atlantique. Il leur a tout pris : l’accent, le physique de bûcheron, heureusement qu’il a pas ramené Isabelle Boulet…

 

Mélanie, 25 ans, la vraie québécoise de service, un accent à couper au couteau, elle milite pour l’indépendance du Québec, tabarnak’. Elle est super jolie, mais dommage Jésus, il y a baleine sous gravillon avec le vrai faux bûcheron franco-canadien.

 

Marco, notre âge, guide dans une agence de trecking, il milite pour l’équipe de France ce qui est aussi une cause désespérée.

 

Antoine, 20 ans, étudiant en Ecole de Commerce et de Développement (si si c’est possible) à Lyon, il est en stage pour 3 mois dans une auberge pour essayer de les aider à développer leur commerce (logique, non ?).

 

On écluse tranquillement les réserves en vin rouge de la patronne, pendant que son fils risque sa vie sur le trottoir en brandissant un drapeau français…heureusement pas de Portugais dans les parages. On écluse au même rythme les blagues sur les québécois,  tabernak’ ! Puis on décide d’acheter à boire et d’aller prendre l’apéro chez les 2 anthropologues. On arrive et là c’est la caverne d’Ali Baba : ils ont accumulé un vrai petit musée au cours de leurs recherches : pièces incas, chavin, etc… Thierry sors son petit bijou « inestimable en Europe » : un vase Chavin parfaitement conservé qu’il a trouvé abandonné dans un village. 3000 ans d’histoire passent entre nos mains…on est tellement saoûl qu’on en aurait presque pleuré. Le reste de la soirée chez les 2 tronches est ponctuée par quelques chansons de Fela Kuti (ça faisait longtemps) et surtout un gros débat sur le libéralisme et l’alter-mondialisme en compagnie d’Antoine, vous savez, celui qui développe le commerce…non qui commercialise le développement… Enfin je crois que lui non plus ne sait plus où il en est.

 

Bon, c’est pas le tout, mais à ce moment du récit il est 20h30 et on commence à avoir une p’tite faim. Je laisse la parole à cette feignasse de Guigui pour vous raconter notre soirée « chez Patrick » (encore un resto français) et la folle nuit qui a suivit. Y allait pas y avoir grand monde au bureau le lendemain.

 

Merci, M’sieur.

Bon, pas facile de prendre le film en route…Je rembobine tout, je repasse en accéléré…zouit dziejdnzoidhezdo…: Ah, l’entrée dans le restau de Patrick ! Lecture :

 

Nous entrons donc dans la crêperie, tous plus ou moins émoustillés, moi avec les vertèbres cassées après avoir couru en portant sur mon dos Alex, dit « le bûcheron des Grands Lacs » (2m, un bon gros quital). Oui, l’alcool fait faire des choses idiotes.

A l’intérieur, l’ambiance est assez calme. Quelques tablées de gringos mangent tranquillement sur une musique douce, et prennent des mines inquiètes en voyant débarquer notre horde hurlante, sonnante et trébuchante.

 

On commande à manger…On nous apporte aussi à boire dans des pichets : un genre de whisky-coca, mais avec de la liqueur de coca à la place du whisky. Je dis ça parce que si j’avais dit du « coca-coca », vous m’auriez sans doute pris pour un con…

Et puis on voit apparaître deux petits péruviens (c’est un pléonasme) armés d’une guitare pour l’un et d’une ribambelle de flûtes et flûtes de pan pour l’autre. Et là, un souffle de folie s’abat sur la troupe. Tout le monde se lève et commence à danser sur ces mélodies andines, on tape sur les tables, on virevolte, et les gens commencent à se décontracter en voyant tant de joie de vivre. Des gens qui nous boudaient un peu au début viennent danser avec nous. Suisses, Anglais, Français, Québécois, Belges et Péruviens se lancent dans une formidable ronde où les différences de pays, langue, couleur de peau et degré d’alcoolémie n’ont plus lieu ! Bon ok, jm’enflamme un peu. Mais c’était super sympas ! On remercie les artistes qui s’en vont, et on commence à discuter avec nos voisins de dance-floor en s’éparpillant entre la salle à manger et le bar. Notamment une jeune londonienne très sympa. Je sais plus trop de quoi on a discuté, mais le dialogue était à la fois en espagnol, en anglais et en français (qu’elle parlait tout à fait bien), les 3 parfois dans la même phrase : « Como te llamas ?...ah...and what are you doing here in Peru ?...ah ouai, c’est cool ça ! Mais t’as quel âge au fait ? …».

Je laisse Jesus continuer la discussion avec elle (en espagnol et français seulement, l’anglais de mon acolyte ayant été momentanément effacé par la pratique de l’espagnol), et je vais rejoindre Thierry (l’anthropologue en costar et lunettes) au bar. Patrick le moustachu est en train de lui faire goûter ses différentes liqueurs de coca, de 30 à 50°. Je goûte, c’est bon. « Et la petite bouteille, derrière, c’est quoi ? », lançais-je inconsciemment. « Ca, c’est celle à 75°…Tiens ». Whaaa, c’est pas un truc de tatas ! Après deux shots pris  avec Thierry, jme dis qu’il faut que je fasse goûter à Jesus. Je retourne le voir avec deux shots, on les prend ensemble. Il boit son truc et me regarde dans les yeux genre Clint Eastwood : « Eh, t’as pas du vrai alcool parce que là je sens rien du t…ifoudheiub… ». Monsieur le cow-boy a failli s’étouffer, surpris par la force du truc ! J’éclate de rire, tout en me disant que j’en prendrai pas un seul de plus…

Puis j’aperçoit Alex et Nico, respectivement 2m et 2m10…Qu’est-ce qu’ils sont grands, ceux-là ! Il faut absolument que j’prenne une photo entre ces deux diplodocus…Aussitôt dit, aussitôt fait. J’ai pas encore vu le cliché mais je dois avoir l’air sacrement ridicule !

 

Et puis c’est l’heure d’aller en boîte. On arrive, déchaînés. Y a pas grand monde dans la boîte, mais on s’en fout un peu. Le grand Nico accroche une petite péruvienne et ne la lâchera pas de la soirée. Alex (le bûcheron) quant à lui, cherche dans le moins exotique puisque c’est bien Mélanie, la jolie québécoise, qui repartira à son bras.

A un moment je décide de prendre l’air (peut-être le contrecoup du coca 75°) et vais me reposer dans le coffre d’un pick-up garé devant la boîte…J’étais très bien à regarder les étoiles jusqu’à ce que je me fasse virer de là par le vigile qui avait vu dépasser mes pieds…Tan pis, je remonte danser.

 

Enfin vers 3-4 h, on décide de rentrer en tacos avec Jez’, Laetitia (la belge) et Antoine. Et là, Dieu seul sait ce que j’ai dit au mec, mais en à peine 30 sec il accepte de nous ramener pour 16 soles (au lieu des 20-25 officiels après négociation), nouveau record officiel d’après les autres français…

En rentrant je m’endors en à peu près 18 secondes, Jesus ayant encore la motivation pour se faire réchauffer les patates…

Bref, une soirée de 12h complètement imprévue, riche en rencontres (on a des nouveaux amis !!!) et en ambiance…Vive le foot !!!

7月6日

Pot de colle, Tortue ninja et Vin de pêcher... (Guillaume)

Avant-hier fut un grand jour. J’ai cru que j’allais bosser !!! Dans un élan de bougeotte, Luis « Hannibal » Quirroz, dit « the Brain », me dit qu’on va voir les ingénieurs du CEDEP (chais plus ce que ça veut dire mais c’est des gens bien), genre on va discuter de mon travail et en plus ils ont plein de doc et tout et tout. Super idée, Luis, sauf que c’est mieux quand ils sont là…Mais promis, je vous préviens quand j’ai une piste de taf.

 

Non, pour tout dire je vais bientôt faire un tour à Lima, à l’université de la Molina et au centre du « Réseau pour les Alternatives aux produits Agrochimiques » pour prendre toute la doc supplémentaire dont j’ai besoin, et puis j’ai encore du temps vu que je ne vais travailler que sur les ravageurs de l’épi du maïs, et mon champ ne fait encore que 40 cm de haut…Alors en attendant je fais des recherches sur internet…Enfin sauf quand je regarde mes mails, quand je discute sur msn, quand je m’occupe du blog, quand je regarde les matchs de foot, ou quand on va chercher 400 feuilles de pêcher dans un champ pour faire…du vin de pêcher !!! On s’est dit que ça serait plus facile que le potager…

Jez, quant à lui, crapahute toujours dans les champs avec son épuisette… : - « J’ai trouvé une mouche !!!! » - « Super mec ! Continue… ». Il me fait de la peine, parfois. Mais il a l’air tellement épanoui quand il attrape un truc, alors je dis rien.

 

Aujourd’hui aussi, Pedro « Futé » Delgado, dit « the Pot de colle », nous a bien pot-de-collé. Il est super sympas mais comme sa famille est à Lima, il vit tout seul dans une petite pièce du local de l’ONG. Alors, comme tout non-ermite placé dans ces conditions, il se fait chier. Donc il nous sollicite tout le temps pour faire un tour, pour bouffer ensemble le soir (c’est lui qui était venu nous faire la bouffe chez nous quelques jours après notre arrivée), etc… On commence à comprendre pourquoi les autres nous mettaient en garde au début. En même temps il est gentil et on compatit à son cas, ça doit pas être facile. Mais c’est vrai qu’il en fait un peu trop et c’est parfois un peu lourd. Enfin il va falloir trouver un juste milieu pour passer un peu de temps avec lui sans pour autant être envahis. L’autre soir on a bouffé chez lui (au bureau, en fait), et il voulait qu’on reste dormir chez lui… 

 

Parenthèse culinaire : aujourd’hui on a acheté du fromage ! Et du miel ! Et on a même trouvé un moyen de peut-être choper du lait !!! 3 produits qu’on croyait effacés de cette partie du monde…Mais non, on est tombés sur une ferme expérimentale qui fait tout ça. On a aussi acheté des fruits bizarres qui ressemblent un peu à des œufs de tortue ninja (oui Madame, j’ai déjà vu des œufs de tortue ninja !) mais en bien meilleur ! (bon là je bluff, j’ai jamais goûté les œufs de tortue ninja ; je remarque au passage que c’est la 1ere fois que j’écris autant de fois de suite « tortue ninja »). On appelle ça des matchous pitchous (par convention, on nomme « matchou pitchou » toute chose dont on ignore complètement le nom. C’est comme les matchous pitchous, ces petits tubercules genre topinambour qu’on bouffe souvent avec les carottes ici). Bref on varie un peu notre alimentation (j’entend d’ici les badauds s’exclamer : « ouais tu parles, ils bouffent que des matchous pitchous de toute façon ! »).

 

A part ça, ce soir on a commencé la fabrication de notre vin de pêcher. En gros on mélange des feuilles de pêcher, de l’alcool à 40° (ici c’est le Pisco), du vin et beaucoup de sucre et on attend 3 mois. Le vieux chaman qui nous a filé la recette nous avait bien expliqué les détails de la cérémonie à mettre en œuvre : lumière tamisée, musique tribale, cuillères en bois, Chlorox (détergeant)…Selon lui, « sans cet environnement solennel, les arômes des feuilles diffusent mal dans le Pisco et après c’est dégueulasse ». Pour voir un extrait de la cérémonie, voir le lien vers nos vidéos (en dessous des albums photos).

 

On va bientôt vous pondre un billet sur la journée et la soirée d’hier, quand on a été voir le match a Huaraz avec les autres français du coin qu’on connaissait pas encore et qui sont énormes, quand on a bu de l’alcool de Coca à 75°, quand on a dansé dans un restau sur fond de guitare et flûte de pan, que j’ai pris une photo entre 2 mecs de 2m, qu’on a fini en boite, et que Laetitia (la nouvelle belge), à 15h le lendemain, dort toujours…

Ce billet sera pour la 1ere fois le fruit de la collaboration de nos deux plumes…

A bientôt donc.

7月4日

Nouvelles (colocataires) du front (Jesus)

Hola todos !

Il est grand temps de vous donner quelques nouvelles. Guigui nous avait laissé sur des élucubrations oniriques, il est donc temps de replonger dans le concret, le dur, le solide de notre quotidien. Et cette semaine, on s’est régalés.

Je commence par répondre à l’inquiétude générale concernant ma turista. Ca va mieux merci, mais la courante a laissé place à une certaine constipation. J’attends les résultats de mes analyses de selles. Pour plus de détails scato, y a pas de problème, envoyez un mail.

Mais revenons à notre dernière semaine. Après un début, pour le moins banal (je commence mes captures d’insectes dans le champ de maïs de Guigui, ça vaut un fou rire d’un quart d’heure à une vielle qui voit un gringo se démener avec son filet après les papillons), on arrive au jeudi, jour férié pour cause de San Pablo. Bon, tant mieux, on en profite pour faire notre première rando, départ de Toma à la fraîche (07h30), on traverse plusieurs villages de montagne. La gentillesse des péruviens paraît proportionnelle à l’altitude, les gens n’ont de cesse de nous demander où nous allons, et nous indiquent le chemin, même quand c’est tout droit. Ca en devient presque agaçant. Chose nouvelles, les gamins nous demandent cash de l’argent et des bonbons. Au total 7h de marche, on dépasse les dernières maisons (ce qui n’est pas peu dire) et on arrive plus haut qu’on n’est jamais allés (environ 3700m). Et même à cette altitude, alors que le paysage devient de plus en plus minéral, on croise des familles grattant la terre sur un bout de pente ou récoltant quelques mettre carrés de blé. Sur la route du retour, Guigui commence à traîner la patte derrière le convalescent (l’a pas de santé ce p’tit) et le soleil commence à taper dur donc on se rentre en combi. Devant la glace en arrivant on se rend compte qu’on est rouge écarlate et que nos lèvres c’est du carton, il serait peut-être temps d’investir dans une crème solaire indice 200.

Le vendredi est marqué par l’anniversaire de Pedro «looping » Obregon, mais le vrai jour important de la semaine reste le samedi, marqué par plusieurs événement majeurs :

- 03h00 du mat : arrivée d’une nouvelle colloc’, Ghislaine, une souris qui squatte notre cuisine et vit dans la réserve de bouteilles de nectar de pêche. D’un commun accord, « ON VA LA BUTTER »

- 06h30 du mat : arrivée de Laetitia, la nouvelle stagiaire qui va loger avec nous dans le boui-boui  pendant un mois. En terme de bizutage, on la laisse se doucher sans la prévenir que l’eau est froide et qu’on se prend des châtaignes électriques à chaque fois qu’on touche le robinet…après on peut dire qu’elle est d’ici. D’un commun accord, on décide que cette colloc-là on la buttera pas, sympas…

-14h00 : on traîne Laetitia à Carhuaz (on laisse Ghislaine à la maison) pour suivre France-Brésil dans un bar.  La pauvre assiste au rapide processus de beaufisation de 2 mâles devant un match de foot. Les péruviens aussi se marrent bien en nous voyant nous lever à chaque action et gueuler quand Titi plante son but. Je profite d’ailleurs de cette tribune pour retirer tout ce que j’ai dit sur Zizou avant le mondial (il est trop vieux, tout ça) parce qu’il a vraiment régalé pendant ce match. Une grosse pensée pour Gabi qui après la victoire française n’est peut-être plus de ce monde.

- 20h30 : on attend désespérément Nico et Auré qu’on avait invités à dîner, mais ils se pointent pas. Pas grave, on se consolera… tiens y a une bouteille de vodka sur l’étagère.

- 23h00 : on part en boite au taquet. Sur place, militaires et 2 vieux PD. Deux vrai numéros : 120 ans à eux deux, en petit débardeur moulant, ils commencent à me prendre par la main mais je leur fait comprendre que c’est NO WAY et que je suis plutôt venu pour les chicas.
- 04h00 ; on se met en quête de Laetitia. Introuvable ! Tout d’un coup elle se pointe, « bon, on y va ? ». Je lui demande où qu’elle était : dans le petit coin tout noir là-bas, à compter fleurette avec un mec. « J’améliorait mon espagnol », tu parles, j’appelle ça travailler la langue.

On se rentre dans un vrai bus à un prix défiant toutes concurrence. Les deux loques qui m’accompagnent s’endorment, si j’avais pas fait gaffe à la route, on serait peut-être en Equateur à l’heure qu’il est.

Il est midi alors que j’écris ces lignes, comme dit la chanson de Java, « chui revenu du cosmos mais j’ai gardé l’scaphandre ». Guigui, lui, est semble-t-il toujours dans le cosmos. On n’a pas fait le voyage à vide !

6月27日

News en vrac (Guillaume)

Salut !!!
 
D'abord merci pour vos commentaires, ils font bien plaisir ! Le seul problème c'est que niveau famille, ya que des messages de celle de Jez ! Je suspecte la mienne de ne pas savoir comment faire...Alors on se remue les fesses et on demande aux parents de Jez de vous expliquer !
 
Ensuite, il est temps de répondre à quelques questions récurrentes :
- "lol", ça veut dire "ah ah", "je plaisante", ou "mon dieu je suis trop marrant"...
- oui Mme la tata, les articles resteront visibles, du moins pour l'instant.
- en ce qui concerne la santé de mes puces, puisque ça à l'air de bien faire rire tout le monde, je dirais que la plus grosse me manque de plus en plus et que les autres me grattent de moins en moins...Comment va se faire la confrontation entre les deux espèces, me direz-vous ? Eh ben elle va se gratter, comme tout le monde !
 
Par ailleurs, Jez a fait une rechute. Il fait à nouveau la navette lit-chiottes...J'essaie de prendre soin de lui comme je peux. Son lit est réparé par contre, il n'est plus obligé de dormir par terre. On a aussi trouvé une parade pour la douche car c'était plus possible : il y a une vieille douche dans une des pièces du bureau, presque tiède ! Formidable. Enfin ça nous a pas empéché de grelotter pendant 20 minutes en sortant...
 
Maintenant concernant la soirée de samedi soir...Je tiens à dire que tout allait très bien jusqu'au moment maudit où je me suis allongé sur mon lit, l'abaissement des paupières déclenchant aussitôt une véritable tornade mentale (au moins une T4, d'après Twister...). En me voyant vautré sur mon lit avec mon ordi sur les genoux, Jez me demande si ça va...Et moi, sûr d'une invulnérabilité éthylique de 10 bons mois (depuis les chiottes de Nowak avant l'intégration, un bon souvenir par ailleurs), je répond : "attend mec, je gerbe pas moi...". Pas plus de 2 minutes plus tard, je m'acharne sur la fermeture du duvet, qui juste quand j'ai besoin de sa coopération devient capricieuse, et marche d'un pas déterminé et à vitesse croissante jusqu'à la salle de bain...La suite est censurée. Ca doit être l'altitude...
 
Voili voilou. On pense à vous et on vous embrasse.
 
P.S : Pour ceux qui ont vraiment du temps à perdre et qui sont vraiment prêts à lire tout et nimporte quoi sur ce blog, cette nuit j'ai fait un rêve bizarre. On rentrait en France pour des vacances et j'apprenais que je devais retourner au collège, en 3e...Moi et qq autres (dont Jesus) avions été punis pour avoir foutu le bordel au WEI (week-end d'intégration). Incompréhension. Colère. Au bout de 2 jours de rentrée on avait réunis un groupe de soutien qui voulait nous aider à réintégrer l'INA, dont leur chef, une dame de bonne famille qu’il avait fallu aller chercher jusqu’à chez elle en imitant des animaux pour passer inaperçus auprès des gardes (les mêmes que les gardiens de Grignon…). Ouais je sais que c’est absurde sans déguisement valable, mais les gardes du rêve, eux, ça leur suffisait…

On provoque une assemblée exceptionnelle. Il va notamment falloir convaincre le directeur du collège de notre innocence. Tout notre groupe de soutien est assis derrière nous, mais il faut se pencher pour voir le reste de l’assemblée assise dans la pièce d’à côté, avec au 1er rang, nos bourreaux, j’ai nommé Mr Loncle et un équivalent onirique de Claudette de st Steban… ! (les 2 plus cons de l’administration INA, Loncle  avait menacé d’éjecter notre colloc de Dubos). Les chefs d’accusation énoncés par un Loncle fulminant ne tiennent pas debout : « La baignoire est remplie ! Faire la vaisselle ne rend pas les fleurs rouges ! , ect. »Et à chaque nouvelle phrase abracadabrantesque il sautille un peu plus d’une joie malsaine comme s’il scellait notre destin…Il est devenu fou. Bien, ça jouera en notre faveur, me dis-je. Après 30 min de discussion confuse, je me lève et fait notre plaidoyer. J’explique le principe du WEI : -« Nous étions sur la plage pour faire des jeux. Et voici ma version des faits. J’ai agacé un gardien ! Pourquoi ? D’abord parce que j’ai mordu la ligne de départ du relais… » j’affronte des regards de désapprobation, mais poursuis « Ensuite car j’ai discuté, non, répondu à la question d’un camarade pendant les explications du gardien…Celui-ci ne l'a pas supporté et est directement aller voir Mr Loncle pour lui dire que j’avais tout cassé sur la plage, que j’avais foutu en l’air l’après-midi. Alors, comme il se doit dans ces occasions, Mr Loncle a pété un câble, et je le conçois très bien. Mais au final, que reste-t-il de l’équation sans tous les intermédiaires ? Mordage de ligne + Discussion = Retour en 3e ! Trouvez-vous cela normal sachant que nous sommes en 2e année d’école d’ingénieur, en plein stage de développement au Pérou ? On ne peut pas les abandonner là-bas ! ». Le directeur du collège à l’air de comprendre la logique de la démonstration et est prêt à changer d’avis. L’assemblée est un succès dans l’ensemble, et nous caressons l’espoir de revoir nos matchous et nos pitchous. Mais il reste un ultime obstacle. Claudette ! Claudette la redoutable, Claudette l’impitoyable responsable du site de Grignon. Elle n’a pas mordu à l’hameçon, et il a fallu que je lui refasse un discours personnalisé. Au moment où elle cède et que la lumière va se faire sur nos vies, la sonnerie retentit dans la cour du collège. Le reveil…

 
6月26日

1ere soirée Disco... (Jesus)

Ca y est, c’est le grand soir, la fièvre nous gagne, c’est parti pour notre première soirée péruvienne. Guigui est chaud bouillant de  goûter au gros son qui lui manque tant depuis une semaine. On rejoint Nico et Aurelia dans leur petite maison, apéro, avant de partir en combi vers LA grande ville du Callejon (80 000 hab), Huaraz, la capitale de l’andinisme, ses gringos en quête de sommets, ses restos français, ses bars, ses boîtes,…et aussi ses bidon-villes et ses clodeaux. Ca m’arrive devant moi, sans crier gare, à un feu : le mec est ivre mort, accroupi à ramasser ses quelques soles au milieu de la chaussée. Un premier bus tourne en l’évitant, une deuxième caisse le suit, tourne à ras du mec qui se prend la roue arrière dans le buffet, presque sans s’en rendre compte tellement il est arraché. On le sort de la chaussée avec d’autres passants et on le laisse planté au pied d’un réverbère. On dirait qu’il a rien senti, la voiture non plus d’ailleurs, qui est déjà loin maintenant, mais qui a bien failli l’écraser dans l’indifférence du trafic…ambiance.

 

On va dans une pizzeria tenue par un Français nommé François, ce qui constitue un luxe ici (5euros la pizza de mammouth). Rosa, vous savez, notre maman à tous au bureau de Carhuaz, nous rejoint pour manger, toute apprêtée, bien maquillée, bref prête à enflammer le dance-floor. Guigui, fidèle à sa nouvelle habitude, finit avec une application consciencieuse les plats de chacun de nous. Deux pichets de vin y passent, donc on commence à parler fort, en espagnol, de politique et autre. Sarkozy en prend pour son grade, et Rosa en retour n’est pas tendre avec Alan, le nouveau président. Le vin aidant, la conversation se barre vite en sucette : je raconte à Rosa les soirées des écoles d’ingénieurs et pas d’bol le seul mot qui me vient, c’est « orgie » (terme très à propos d’ailleurs). Hop hop hop, traduction express et ça donne « orgia »…ouais mais quand je vois Rosa commencer à se rouler par terre, je me souviens que « orgia » veut dire parthouze en bon castillan. Bref, après la tournée du patron, on sort de là à moitié cadenassés avec la ferme impression d’être tombé dans un guet-apens. Et c’est parti pour la boîte de night, bien à l’européenne vous inquiétez pas, ici il y a surtout des gringos mais aussi les fameuses « chicas ». J’en entends déjà qui se demandent : qu’est-ce qu’une « chica »? La chica est un animal nocturne légèrement vêtu, très maquillé, qui pratique un type de prédation bien particulier : la chasse au blanc. Guigui en fait vite les frais et se fait présenter illico trois furies qui ne la lâcheront pas de la soirée. Ca vire vite au sketch de Benny Hill, mais cette fois, c’est les nanas qui courent après Guigui, qui ne cesse de me réclamer de l’aide. Moi, bien sûr en vrai bon pote je le laisse se démerder (n’en déplaise à Edwige). Ceci dit il en profite bien car les « chicas » lui paient verres sur verres.  

 

Et la musique dans tout ça ? On peut dire que l’écoute intensive de Radio Carhuaz a porté ses fruits, on est au taquet sur toutes les grosses daubes de Techno Cumbre… la Shakirisation continue (Shakirisons-nous !). Moi j’ai beaucoup de mal a supporté le cocktail pizza-rougequitache-bière au sortir de ma turista foudroyante et je passe la fin de soirée à me tenir le ventre et à discuter en espagnol ou en anglais avec les potes andinistes de Nico et Aurelia. Je discute aussi beaucoup avec Nico…enfin c’est surtout lui qui parle.

 

Ce soir-là, j’ai compris une chose importante : les plus gros progrès linguistiques qu’on fait, on ne les fait pas à l’école (ça je le savais déjà), ni même pendant un stage dans un pays étranger, mais bien pendant les soirées, quand on doit comprendre un Autrichien bourré qui parle en espagnol.

 

Le temps de décoller les sangsues péruviennes du corps huilé de Guigui (Edwige je brode un peu pour la beauté du récit) et on se rentre en taxi après un marchandage d’anthologie auprès de 4 chauffeurs. En rentrant dans notre bled, on discute un moment avec une demi-douzaine de jeunes qui squattent dans la rue (politique, qu’est-ce qu’on fait là, etc…) et on ressort trop pote, wesh wesh, tape le chek, on fait un foot demain matin…ouais, on verra pour le foot…

 

Bilan des courses, une soirée riche en rencontres et en conversations profondes, notamment pour Guigui qui termine par un long tête à tête avec la lunette des chiottes, le temps de faire le point avec lui-même et de déposer un p’tit raoûl ! On mettra cette débordante séance d’introspection sur le compte de l’altitude et d’un subit mal des montagnes.

6月25日

Le jour de la Pacha Mama (Guillaume)

Aujourd’hui, 2e samedi, journée de Pacha Mama au Pérou, où l’on rend hommage à notre mère la Terre. Avec Rosa, Aurélia et Nico, on décide de se rendre au petit village de montagne où la fête aura lieu cette année. Levé 7h45 (décidemment mes grasses mat’ sont compromises ici…), on prend le combi avec Jez sur une quinzaine de bornes, et on rejoint les autres pour prendre un taxi qui nous montera en haut, à 3450m. A l’avant du taxi, dans lequel nous sommes 11 (on bat le record tous les jours, mais jusqu’où ira-t-on ?), Nico partage son siège avec le préfet, un tout petit homme à l’air sympathique. Ici même les personnages publics font les sardines dans les tacos. Arrivé en haut, c’est un genre de Woodstock à la péruvienne : musique, stands de bouffe, tentes, mais sans pluie ni drogue, et avec des costumes à plume. Donc rien à voir, finalement…

En attendant le début de la cérémonie, avec Jez on tape le foot avec des gamins péruviens. La partie est un peu confuse, car sans parler du fait qu’on est 20 par équipe, qu’il y a plusieurs ballons et plusieurs matchs simultanés sur le terrain… « Ouais, vas-y passe ! Aaah, t’es dans le match numéro trois, toi ? Ok, escuse, vas-y va marquer… ».

 

Puis commence la procession. Plein d’écoles sont présentes, chacune avec son costume et ses banderoles, et chaque groupe d’élève se suit dans la plaine, sur fond de musique indienne, jusqu’aux ruines de quelques maisons de l’époque Inca où va se dérouler la cérémonie. Bien sûr, je précise plus que ya des montagnes partout autour et que c’est hachement beauuuuuuu.

La cérémonie traditionnelle, costumée, consiste à faire des offrandes aux divinités de la Terre et du Soleil. On se croit en plein Tintin et le temple du soleil…Soudain, le chaman nous montre du doigt, des gros bras nous saisissent et nous attachent à des piloris ! Heureusement on est sauvés par une éclipse, enfin bref, ça serait trop long à raconter…Après avoir allumé le feu sacré, des emplumés font un discours super long et super incompréhensible (car en Décathl…euh en Quéchua), mais heureusement un maître d’école assis à côté de moi fait la traduction à ses élèves, ce qui nous permet de capter. Ensuite, un représentant de chaque école sort de la foule et vient dire quelques mots et déposer chacun un légume différent qu'ils veulent offrander sur les tapis sacrés. A la fin, le soleil a de quoi se faire une bonne popotte…Puis c’est le moment des danses. D’abord les emplumés, puis des élèves en costume. C’est très intéressant et ultra dépaysant !

Une fois terminée la cérémonie, on décide de marcher un peu vers la montagne derrière, majestueuse…On vous laisse admirer les photos. Pas une gamine qu’on croise n’omet de mettre un coup de coude à sa voisine et de pouffer timidement en nous voyant…Les gringos ont la côte chez les ados, ici ! On arrive jusqu’à une cascade à 1 ou 2°C mais très jolie, après avoir eu un gros coup de flippe. En effet, nous étions en train de regarder des gamins en contrebas qui jouaient dans le torrent (bétonné, sorte d’aqueduc), quand une des gamines se fait emporter par le courant et commence à partir en aval à une vitesse incroyable, sans prises dans le béton lisse pour se raccrocher !!! Un peu comme au Parc Astérix mais sans bouée et une eau pas loin de la température de solidification…Heureusement, le courant faiblit une quinzaine de mètres plus loin et elle s’en sort sans dommage. Ouf.

Puis on monte encore un peux avant de se poser devant une vue de toute la vallée. Scotchant ! On fait quelques photos avec des péruviens (apparemment nous sommes des partenaires de photos très côtés…) puis on redescend. On mange dans l’herbe un truc super bon puis on rentre en taxi. Je suis pour ma part dans le coffre avec une femme qui donne la tétée à son enfant, et son autre petite fille. Je profite de ma position privilégiée pour immortaliser quelques paysages.

Là, nous sommes rentrés à Toma, et partons dans quelques minutes prendre un pot chez Aurélia et Nico avant d’aller pour la 1ere fois en boite à Huaraz…On attend ça avec attention. En espérant qu’on se fera pas trop harceler par des chicas sur-hormonées…

6月23日

Taf, ordi et turista... (Guillaume)

Après avoir fait connaissance avec l’équipe de choc, on commence à « travailler ». On se choisit un bureau chacun dans la pièce et on commence à feuilleter des bouquins qui pourraient nous servir dans nos études respectives. Pour ceux à qui on a déjà expliqué 12 fois mais qui sont aussi hermétiques au langage technico-agronomique qu’une maman au langage informatique, je réexplique vite fait nos sujets. Jesus va faire des captures, identifications et inventaires d’insectes ravageurs de 4 cultures différentes, puis les épingler de façon ludique dans des boites entomologiques. Quant à moi je vais comparer la lutte chimique (insecticides) et la lutte biologique (autres insectes prédateurs) contre les ravageurs du maïs pour que les agriculteurs agissent de façon plus raisonnée et respectueuse de l’environnement. Voilà, en attendant la 14e explication du moins…

Sinon, on va sûrement apprendre à conduire les différentes motos dont dispose l’ONG pour se déplacer jusqu’à nos champs. On a trop hâte !!! Ouiiiiiii, on fera attention, et on aura des casques. De toute façon elles sont bridées à 220 km/h, et puis sur les routes de montagne en terre c’est dur de dépasser le 180...

Le midi on bouffe au resto d’à côté avec l’équipe. C’est plutôt bon et on se casse le ventre pour 3,5 soles, soit…1 euro ! (1 euro = 3,8 soles). Et puis il est Relativement propre par rapport aux autres restaus. Ca me rappelle une réplique qui nous a encore value un bon fou rire : Jésus – « Tiens c’est bon ça, on dirait de l’Ice Tea… », Guillaume – « Ouais, sauf que ça vient du vieux seau, là-bas… ! ».

Et puis on rentre au local, et on bosse devant le foot. A noter que les conditions de travail se sont nettement améliorées depuis que mon ordinateur est réparé !!!

Pour ceux qui n’avaient pas suivi, mon ordi a cramé 5 min après qu’on soit arrivés, et depuis on ne voyait plus la vie en rose.  Mais après deux fois 6h passées dans un magasin de réparation à Huaraz et moult revirements de situation, le revoilà sur pied, avec un Windows en espagnol certes, mais blindé de programmes dernier cri bien mieux que ceux dont je disposais auparavant. J’ai perdu quelques données, mais s’il fallait le refaire j’irais moi-même cramer mon disque dur. Le mec m’a dit que l’ordi n’avait pas aimé le changement de température et d’altitude…Et oui, mon ordi est une tata, il est à fleur de peau.

Encore un fou rire, et peut-être le plus gros, quand une fois prêt, le réparateur veut voir si le lecteur Windows media fonctionne correctement et qu’il lance une chanson au hasard…Par malheur (ou bonheur), il tombe sur la seule chanson paillarde de ma bibliothèque, qui dit sur un air guilleret (pardonnez les gros mots) : « Ah putaiiin, qu’est-ce que ça fait du bien, tup tup toubidoubidoubidou, uuune bonne branletteu, uuune bonne branlette… ». Et voila qu’on explose de rire sans pouvoir s’arrêter, et la musique qui continue à fond dans le cyber-café, et personne qui comprend…Un grand moment !

Par contre, c’est moins drôle quand on rentre à Toma chez nous et que Jesus commence à se plaindre d’un mal de ventre…Il se couche avec un bon Smecta, mais le lendemain (aujourd’hui), c’est pour la première fois seul que je prend le taxi pour Carhuaz. Jesus reste cloué au lit avec 40 ans de plus sur la tronche… Le fait est qu’on a bu de l’eau du robinet depuis qu’on est là, et qu’ici même les péruviens s’y refusent…Je pars en lui promettant de revenir aussitôt avec des rouleaux de PQ, car ici il n’y en a plus (d’ailleurs ceci mériterait d’être développé plus tard car on a noté plusieurs fois que du PQ disparaissait. Christian-Barracuda a la clé de la maison, mais pourquoi venir ici pour utiliser nos chiottes ? La question reste en suspens), et aussi parce qu’il faut toujours accéder aux requêtes d’un mourant.

Bref, comme je le disais, je pars seul en taxi et je bats au passage notre record de personnes agglutinées dans un taxi (qui était de 7 avec le chauffeur) pour atteindre le score de 9 personnes (le chauffeur, 2 personnes plus un gosse sur le siège avant, 4 dont moi sur la banquette arrière, et un mec ratatiné dans le coffre. Ici, on optimise les trajets ! Comme diraient les mecs de l’ESB, « on peut faire mieux, on peut faire mieux… ». Jez’ a essayé de se pointer dans l’après midi, puis est rentré se coucher après 20 min et une quiche. Il va demain chez le médecin. Quant à moi je résiste pour l’instant et prie pour ne pas prendre la suite.

En fait je suis pas si mal avec mes puces !

6月21日

L'Agence franco-belgo-peruvienne Tous Risques (Jesus)

Après un WE de glande où nous nous acclimatons doucement a notre nouvel environnement grâce a une petite rando (decouverte de la faune locale: non non pas de lamas mais des sangliers domestiqués apathiques, des ânes folâtrant insouciamment dans la montagne, et des clébards dévoreurs de mollets), et a nos premieres emplètes au très animé marché de Carhuaz, c'est le debut de la semaine: ce lundi a un petit goût de rentrée des classes sauf que nous nous entassons à 7 dans le taxi...c'est ça les transports scolaires péruviens.
 
Arrivés a Carhuaz, les bureaux d'ADG et de BIDA qui offraient porte close pendant le WE s'ouvrent sur une magnifique casona, ancienne maison coloniale ayant survécu au tremblement de terre dévastateur de 1970: patio plein de fleurs, cours pavée de galets et entourée d'arcades et de grandes pièces bien au frais entre les vieux murs...plutôt cool comme cadre de travail!
 
Cette première journée est surtout l'occasion de faire la conaissance de l'équipe de feu du projet "triple A", nom de code: Alianza Agricola Ancash.
 
Les francophones d'abord:
 
Sylviane, notre chef belge, blonde, jeune, haute comme 2 péruviens, lunettes noires, overbookée, classe, bilingue parfaite.
 
Aurélia et Nico, couple de volontaires internationnaux français qui bossent pour ADG jusqu'à la fin du projet AAA, c'est à dire pendant 2 ans. Viennent de louer une maison et d'acheter un frigo.
 
Le reste de l'équipe, entièrement péruvienne, j'ai nommé l'Agence Tous Risques:
 
Rosa, la quarantaine séduisante, tout douce, chargée des questions administratives du projet. C'est un peu la maman de l'équipe.
 
Pedro Obregon, l'homme au pick-up (on lui colle cette étiquette parce que c'est lui qui est venu nous chercher à  Huaraz le premier jour), petit être taciturne, expert du changement de roue par -4°C. Dans l'Agence Tous Risques, il serait Looping.
 
Pedro Delgado, 35 ans , beau gosse, grosse quiche en informatique, fan de foot, bondit de son bureau dès qu'il entend GOOOOAAAAAAAAAAAL à la télé, il veut monter une équipe avec tous les membres du projet (on pourrait peut-être jouer l'équipe de France avec Zidane et sans Ribéry). Il est le premier à nous avoir rendu visite dans notre boui-boui, il nous a même fait la popote dans nos casseroles trouées. Bravo! Guigui lui afait une compil' de techno qu'il n'arrête pas d'écouter...dans l'Agence Tous Risques, il serait Futé.
 
Luiz Quiroz, ingénieur, petits yeux intelligents et souriants, le vieux sage de l'équipe, le puits de science, le Jean Roger-Estr...heu, plutôt le Sylvain Chaillou péruvien (maître de stage oblige  ). C'est le boss, le cerveau, THE brain, dans l'Agence Tous Risques, il serait bien sûr Hannibal. 
 
Et puis ya Christian... notre fée du logis, chargé de l'entretien des locaux. Il nous a fait un ménage d'anthologie quand on est arrivés dans notre boui-boui (3 coups de balais sur les murs et c'est plié), mais sous cette nonchalance de façade et une certaine timidité se cache en fait une force SURHUMAINE. Dans l'Agence Tous Risques, il serait...Baracuda.
 
Voilà, maintenant qu'on a transformé toute l'équipe en super-héros, il est temps de se mettre un peu au boul...Gooooaaaaaaaaal!!!!!!...de Francia!!!
On n'y croyait plus mais la France sans Zidane joue bien!
 
Bon, j'exagère un peu, on va pas manquer de travail: dès mardi, première sortie dans notre vallée enchantée avec , Hannibal, Looping et Sylviane au volant du pick-up. On part faire un peu d'entomo, et surtout on va voir le champ de maïs de Guillaume ("el campo de Guillermo") où il va comparer luttes biologique et chimique.
 
Sur la route, on manque de se faire embaucher par l'INIA (l'INRA péruvienne) pour compter des fleurs de pêcher dans un champ expérimental! Non mais et pis quoi encore! Déjà qu'entre le mondial et les randos on risque de pas toucher les bords...
 
 
 
 

Arrivée et description de notre nid douillet (guillaume)

Huaraz, 5h du mat : Pedro Obregón vient nous chercher dans son pick-up noir (« tengo la camionetta negra... »). Lui aussi à l’air bien cool, jusq’à ce qu’on crève un pneu. Allez, c’est parti, après tout il est que 6h. On arrive finalement à bon port. Le port en question s’appelle Toma, à 1 ou 2 km de Carhuaz, où nous allons travailler. C’est un petit village où moutons et ânes se balladent tranquillement en liberté. Les montagnes autour sont d’une beauté stupéfiante. Nos voisins ont une maison « coca cola » et tiennent un petit cyber-café où se donnent rendez-vous tous les jeunes du bled. C'est en quelqu sorte l'endroit "branché" du village...mouais.

La maison, maintenant. Quand on arrive, elle est un peu...poussiéreuse. C’est une ancienne fabrique de jus de pêche, et il reste pas mal de matériel. On refait un peu de rangement et de nettoyage car Cristian, le responsable propreté des logements (hum hum) ne s’était pas foulé. L’entrée débouche directement sur une espèce de grande pièce qui ne sert pour l’instant à rien et qui donne sur ce que nous avons baptisé « le carrefour », fausse mini-pièce au centre de la maison qui fait office de salle à manger. Ce carrefour communique, dans le sens des aiguilles d’une montre, avec une pièce où est entreposé le matériel de fabrication du jus de pêche (bouteilles vides, cuillères en bois...), la cuisine, 2 chambres et la salle de bain. Et puis le jardin, où il est désormais écrit que nous y ferons notre potager. Ca promet...

On choisit la 1ere chambre, avec les 2 lits aux matelas plus mous que Pedro si bien qu’au bout de 3 min on a le cul dans un cratère avec des possibilités d’extirpation relativement réduites (remarque l’autre chambre n’a pas de matelas du tout...). Comme on nous l’avait annoncé par mail le jour de notre départ après 2 semaines de silence radio (!!!), il n’y a pas d’eau chaude ici. Pourtant un dispositif de réchauffement instantanné de l’eau est placé sur la pomme de douche (on reste sceptiques avec Jez, et à raison). Non, je suis mauvaise langue : il permet de faire passer l’eau du stade « glaciale » au stade « froide ». Et il nous gratifie aussi de petites décharges électriques quand on touche le robinet. Ainsi quand l'un de nous deux prend sa douche, l'autre entend des cris inhumains liés à la fois à la température et au voltage... En fait, heureusement que le rideau de douche a fini de se déchirer lors de sa 1ere utilisation, car on peut désormais s'en servir comme isolant pour fermer le robinet...Mais l'astuce n'est pas parfaite et gare à celui qui se croit à l'abri d'un coup de jus sous prétexte qu'il a un bout de rideau de douche dans les mains !

Et bien sûr il y a la cuisine. Ahhhh, la cuisine...Une passoire avec un trou gros comme le poing (pratique pour les pâtes de 20cm de diamètre mais sinon...), une poêle rouillée, et pas de liquide vaisselle. Alors en bons ingénieurs que nous sommes, on a mis au point une technique évoluée : je mets un peu d'eau au fond du plat (cramé comme il se doit quand 2 hommes font la cuisine; et puis c'est pas du Téfal !), puis Jesus se lave les mains au dessus pour faire tomber un peu de savon...Laisser tremper quelques minutes et....rien. Ca accroche toujours, et il va quand même falloir frotter comme un sourd !

Ah oui, dernière nouvelle : il y a des puces partout au Pérou ! Dans les champs comme dans les lits. Et j'ai le malheur d'annoncer que j'ai déjà des traces de piqûres partout sur les jambes, contrairement à Jesus POUR L'INSTANT épargné (mais il ne perd rien pour attendre, je vais échanger les couvertures ce soir -rire machiavélique- ). Mais c'est normal, je suis dans le top ten mondial des meilleures peaux à insectes.

Bref, comme vous pouvez le constater, notre maison nécessite peut-être quelques aménagements, mais c'est la notre désormais et on l'a adoptée. C'est notre petit chez nous, quoi ! Et la source d'un certain nombre de fou-rires mémorables, ce qui est de bonne augure pour la suite !